Munich, 5 novembre 1923
Le putsch manqué d’Adolf Hitler à Munich

von Kahr, von Lossow et von Seeckt, in Larousse, " Chronique du XXe siècle ", 1985, p. 319 + " Chroniques de l'Histoire ", Adolf Hitler, J. Legrand SA, 1997, p. 37

Les plans de putsch du commissaire général Gustav von Kahr et du général Otto von Lossow sont bloqués en Bavière. Dans une lettre adressée à Gustav von Kahr, Hans von Seeckt, commandant en chef de la Reichswehr, affirme qu’il poursuit exactement les mêmes objectifs. Mais il laisse entendre aussi que toute tentative de putsch risque de se heurter à l’opposition du reste de la Reichswehr, en admettant même que le signal de déclenchement des opérations soit donné à Munich !

D’après Larousse, " Chronique du XXe siècle ",
Jacques Legrand SA, 1985, p. 319

Munich, 7 novembre 1923
La situation à Munich devient explosive

La tournure des événements pousse Adolf Hitler à lancer le putsch qu’il avait promis aux autorités de ne pas organiser.
Le chef des nazis devait ainsi trouver un moyen d’améliorer son image après le fiasco du 1er mai dernier, et ses SA (ici la " Stosstrup Hitler ") étaient impatients d’entrer en action. En outre, Hitler craignait qu’une baisse de la tension dans la Ruhr, due à une diminution de l’inflation, nuise à ses projets. Il négocie tous les jours avec le général Otto von Lossow et Kahr, mais c’est la méfiance qui règne entre les deux camps. Lorsque Hitler a constaté que la situation à Munich devenait explosive, il a décidé de préparer pour le 10 novembre une grande manifestation près de Munich. Stosstrupp Hitler, in " Chroniques de l'Histoire ", Adolf Hitler, J. Legrand SA, 1997, p. 38
C’est de là que le putsch serait lancé. Mais, von Lossow et Kahr ont décidé de tenir une réunion dès le lendemain, au Burgerbraukeller. Alors, Hitler a compris que le moment d’agir était peut-être arrivé.

D’après " Chroniques de l’Histoire ",
Les personnages du 20e siècle " : Adolf Hitler,
Jacques Legrand SA, 1997, p. 38

Munich, 8 novembre 1923
L’arme au poing, Hitler attaque la taverne

Le commissaire général de Munich, Gustav von Kahr, avait à peine pris la parole devant la foule groupée dans la brasserie Burgerbrau quand Hitler a fait irruption dans la salle.
Hitler : portrait de Heinrich Hoffmann (Munich, 1925), in " Chroniques de l'Histoire ", Adolf Hitler, J. Legrand SA, 1997, p. 45 Vêtu d’un costume noir et portant sa Croix de fer, il a tiré un coup de feu en l’air avec son revolver. Il était suivi par plusieurs hommes des SA. Profitant du silence, Adolf Hitler a annoncé : " La révolution nationale a commencé. Les gouvernements du Reich et de Bavière ont été chassés et un gouvernement provisoire a été formé. ". C’était du bluff, mais il a gagné son pari. Puis Hitler a rejoint Otto von Lossow, Kahr et le chef de la police, Hans von Seisser, dans une salle voisine pour tenter de les convaincre de se joindre à lui.
Il était très excité et a même placé le canon de son arme sur sa tempe. Il a alors affirmé : " Si je ne suis pas victorieux d’ici à demain, alors je suis un homme mort. " Hitler s’est ensuite précipité dans la salle principale, où Goering haranguait la foule, et a déclaré que Lossow, Kahr et Seisser avaient accepté de se joindre à lui pour marcher sur Berlin et " sauver le peuple allemand ".

D’après " Chroniques de l’Histoire ", " Les personnages du 20e siècle " : Adolf Hitler,
Jacques Legrand SA, 1997, p. 38

Munich, 8 novembre 1923
Le général Ludendorff soutient Adolf Hitler

Le général Erich von Ludendorff, le prestigieux héros de la guerre qui a gardé la confiance et le respect de beaucoup d’Allemands, a été invité à se rendre à la brasserie Burgerbrau par un ancien caporal, Adolf Hitler C’est Max von Scheubner-Richte qui a conduit le général à la taverne à bord de la Mercedes rouge tout neuve d’Hitler. Ludendorff n’a pas apprécié de ne pas avoir été informé à l’avance du putsch et de ne pas avoir été placé à la tête du régime que vient de former Hitler. Mais il a conseillé à von Lossow, Kahr et Seisser de soutenir le chef des nazis dans l’intérêt national. Lossow et Kahr ont tout de suite accepté, alors que Seisser, en vrai monarchiste, a répondu qu’il voulait bien coopérer en tant que " représentant du roi ". Hitler les a alors fait monter sur l’estrade et ils ont tous prêté serment d’allégeance au nouveau régime. En quittant la brasserie, Rudolf Hess fait arrêter un groupe de ministres bavarois. Proclamation au peuple allemand, in " Chroniques de l'Histoire ", Adolf Hitler, J. Legrand SA, 1997, p. 38
Hitler surveillait Lossov, Kahr et Seisser, mais dès qu’il leur a tourné le dos les trois hommes ont disparu. Le général von Lossow a regagné son QG où il a reçu de Berlin l’ordre d’écraser le putsch. Kahr a aussi lâché Hitler et a même publiquement désavoué les propos qui lui auraient été " arrachés par la force ". Hitler ne peut plus compter sur que sur le soutien du vieux général von Ludendorff.

D’après " Chroniques de l’Histoire ", " Les personnages du 20e siècle " : Adolf Hitler,
Jacques Legrand SA, 1997, p. 38

Munich, 9 novembre 1923
Ludendorff croyait l’armée avec eux

Le jour s’est levé, glacial, sur les rêves brisés d’Hitler. Il a dû se rendre à l’évidence : le putsch n’a pas réussi.
Le général Ludendorff, in " Chroniques de l'Histoire ", Adolf Hitler, J. Legrand SA, 1997, p. 32 Certes, Röhm a pu s’emparer de l’état-major de Munich et Hess a même pu tenir prisonnier le Premier ministre, Knilling, et le ministre de l’Intérieur, Schweyer, dans la villa de l’éditeur Julius Lehman. Mais rien d’autre n’a pu être accompli. Conformément aux ordres venus de Berlin, le général Otto von Lossow a déployé ses soldats autour de la ville. Pendant la nuit, von Kahr a réussi à installer le gouvernement à Regensburg non loin de Munich. Il a vite fait imprimer des affiches qui dénoncent le putsch et proclament la dissolution du Parti nazi. Hitler est découragé et abattu. Il ne voulait pas affronter l’armée mais réussir à la convaincre de se joindre à eux pour marcher ensemble sur Berlin. C’est le général Ludendorff (ci-contre) qui lui en avait donné l’idée. Il avait aussi suggéré à Adolf Hitler et à sa milice d’occuper le centre de Munich.
Ils sont donc partis vers la ville, avec en tête Goering, Ulrich Graf, le garde du corps d’Hitler qui ne le quitte jamais, Alfred Rosenberg, Scheubner-Richter, aventurier balte, et 3000 SA. Ils ont réussi à franchir facilement un barrage érigé par la police et poursuivi leur chemin vers le centre-ville. Là, Hitler espère qu’il peut encore relancer sa révolution nazie et éviter un échec total.

D’après " Chroniques de l’Histoire ", " Les personnages du 20e siècle " : Adolf Hitler,
Jacques Legrand SA, 1997, p. 39

Munich, 9 novembre 1923
La police fait échouer la marche des nazis

Juste avant midi, Adolf Hitler et ses miliciens se sont trouvés face à un cordon de policiers dans une ruelle menant à l’Odeonplatz. Hitler leur a donné l’ordre de se rendre mais les policiers ont tenu bon.
Un coup de feu a alors retenti, probablement tiré par Julius Streicher, bien que certains disent que c’est Hitler lui-même qui a ouvert le feu. La police a riposté et Goering a été blessé à la jambe. Scheubner-Richter est mort sur le coup. Il tenait Hitler par 1e bras et, en s’écroulant, il l’a entrainé dans sa chute et lui a démis l’épaule. Se croyant atteint par balle, Hitler s’est relevé et s’est enfui, laissant seize de ses amis et trois policiers à terre. La cavalerie patrouille dans les rues de Munich après l'échec du putsch, in " Chroniques de l'Histoire ", Adolf Hitler, J. Legrand SA, 1997, p. 39
Ludendorff est furieux que la police ait osé ouvrir le feu. Il s’est avancé vers eux avec son adjoint, le major Streck, mais aucun des SA n’a eu le courage de les suivre.

D’après " Chroniques de l’Histoire ", " Les personnages du 20e siècle " : Adolf Hitler,
Jacques Legrand SA, 1997, p. 39

Munich, 11 novembre 1923
Les leaders nazis sont arrêtés

Les vaincus, après le verdict, in " Chroniques de l'Histoire ", Adolf Hitler, J. Legrand SA, 1997, p. 39

Les principaux accusés du putsch posent, après le verdict, devant le Volksgericht bavarois.
De gauche à droite : Pernet, Weber, Frick, Kriebel , Ludendorff, Hitler, Brückner, Röhm et Wagner
Hitler a été arrêté alors qu’il se trouvait chez un de ses amis, Putzi Hanfstaengl, à Uffing, une localité située à 50 km de Munich. Il s’est remis de sa blessure à l’épaule mais il ne se pardonne pas de s’être enfui en abandonnant ses camarades, il y a deux jours. Ernst Röhm a lui aussi été arrêté, deux heures seulement après les incidents du 9 novembre. Julius Streicher, Dietrich Eckart, Wilhelm Frick, Max Amman sont également sous les verrous. Gregor Strasser a été arrêté à Landshut par son propre beau-frère, le policier George Hofler. Ludendorff a été placé en résidence surveillée, alors que Rudolf Hess a pu se réfugier en Autriche. Goering, qui été soigné par sa femme, aidée par un banquier juif, a aussi pu s’enfuir avec elle en Autriche.

D’après " Chroniques de l’Histoire ", " Les personnages du 20e siècle " : Adolf Hitler,
Jacques Legrand SA, 1997, p. 39

Munich 13 novembre 1923
Hitler se retrouve dans une forteresse

Pâle, mal vêtu et les cheveux en désordre, mais portant toujours sa Croix de fer, Hitler a été enfermé dans la forteresse de Landsberg am Lech, comme l’ont été plusieurs de ses camarades nazis.

Hitler à la fenêtre de sa cellule de la forteresse de Landsberg, in " Chroniques de l'Histoire ", Adolf Hitler, J. Legrand SA, 1997, p. 40 Il s’inquiète des conséquences de l’échec du putsch car le Parti nazi est dissous et ses dirigeants arrêtés. Ses espoirs de gloire et de pouvoir sont brisés. Les gens l’accusent de lâcheté. Même les manifestations pro-Hitler depuis son arrestation ne l’ont pas réconforté.

Il pense que le putsch manqué a sonné le glas pour son projet qui faisait de la Bavière le point de départ d’un mouvement qui devait renverser la république de Weimar.

Drexler, l’ancien chef du Parti nazi, tente de rassurer Hitler, qui parle de suicide pour " échapper au peloton d’exécution ".

D’après " Chroniques de l’Histoire ", " Les personnages du 20e siècle " : Adolf Hitler,
Jacques Legrand SA, 1997, p. 39