Munich, 5 novembre 1923
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| Les plans de putsch du commissaire général Gustav von Kahr et du général Otto von Lossow sont bloqués en Bavière. Dans une lettre adressée à Gustav von Kahr, Hans von Seeckt, commandant en chef de la Reichswehr, affirme quil poursuit exactement les mêmes objectifs. Mais il laisse entendre aussi que toute tentative de putsch risque de se heurter à lopposition du reste de la Reichswehr, en admettant même que le signal de déclenchement des opérations soit donné à Munich ! |
| La tournure des événements pousse Adolf Hitler à lancer le putsch quil avait promis aux autorités de ne pas organiser. |
| Le chef des nazis devait ainsi trouver un moyen daméliorer son image après le fiasco du 1er mai dernier, et ses SA (ici la " Stosstrup Hitler ") étaient impatients dentrer en action. En outre, Hitler craignait quune baisse de la tension dans la Ruhr, due à une diminution de linflation, nuise à ses projets. Il négocie tous les jours avec le général Otto von Lossow et Kahr, mais cest la méfiance qui règne entre les deux camps. Lorsque Hitler a constaté que la situation à Munich devenait explosive, il a décidé de préparer pour le 10 novembre une grande manifestation près de Munich. | ![]() |
| Cest de là que le putsch serait lancé. Mais, von Lossow et Kahr ont décidé de tenir une réunion dès le lendemain, au Burgerbraukeller. Alors, Hitler a compris que le moment dagir était peut-être arrivé. |
Munich, 8 novembre 1923
Larme au poing, Hitler attaque la
taverne
| Le commissaire général de Munich, Gustav von Kahr, avait à peine pris la parole devant la foule groupée dans la brasserie Burgerbrau quand Hitler a fait irruption dans la salle. |
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Vêtu dun costume noir et portant sa Croix de fer, il a tiré un coup de feu en lair avec son revolver. Il était suivi par plusieurs hommes des SA. Profitant du silence, Adolf Hitler a annoncé : " La révolution nationale a commencé. Les gouvernements du Reich et de Bavière ont été chassés et un gouvernement provisoire a été formé. ". Cétait du bluff, mais il a gagné son pari. Puis Hitler a rejoint Otto von Lossow, Kahr et le chef de la police, Hans von Seisser, dans une salle voisine pour tenter de les convaincre de se joindre à lui. |
| Il était très excité et a même placé le canon de son arme sur sa tempe. Il a alors affirmé : " Si je ne suis pas victorieux dici à demain, alors je suis un homme mort. " Hitler sest ensuite précipité dans la salle principale, où Goering haranguait la foule, et a déclaré que Lossow, Kahr et Seisser avaient accepté de se joindre à lui pour marcher sur Berlin et " sauver le peuple allemand ". |
Munich, 8 novembre 1923
Le général Ludendorff soutient Adolf
Hitler
| Le général Erich von Ludendorff, le prestigieux héros de la guerre qui a gardé la confiance et le respect de beaucoup dAllemands, a été invité à se rendre à la brasserie Burgerbrau par un ancien caporal, Adolf Hitler Cest Max von Scheubner-Richte qui a conduit le général à la taverne à bord de la Mercedes rouge tout neuve dHitler. Ludendorff na pas apprécié de ne pas avoir été informé à lavance du putsch et de ne pas avoir été placé à la tête du régime que vient de former Hitler. Mais il a conseillé à von Lossow, Kahr et Seisser de soutenir le chef des nazis dans lintérêt national. Lossow et Kahr ont tout de suite accepté, alors que Seisser, en vrai monarchiste, a répondu quil voulait bien coopérer en tant que " représentant du roi ". Hitler les a alors fait monter sur lestrade et ils ont tous prêté serment dallégeance au nouveau régime. En quittant la brasserie, Rudolf Hess fait arrêter un groupe de ministres bavarois. | ![]() |
| Hitler surveillait Lossov, Kahr et Seisser, mais dès quil leur a tourné le dos les trois hommes ont disparu. Le général von Lossow a regagné son QG où il a reçu de Berlin lordre décraser le putsch. Kahr a aussi lâché Hitler et a même publiquement désavoué les propos qui lui auraient été " arrachés par la force ". Hitler ne peut plus compter sur que sur le soutien du vieux général von Ludendorff. |
Daprès " Chroniques de
lHistoire ", " Les personnages du 20e siècle " :
Adolf Hitler,
Jacques Legrand SA, 1997, p. 38
| Le jour sest levé, glacial, sur les rêves brisés dHitler. Il a dû se rendre à lévidence : le putsch na pas réussi. |
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Certes, Röhm a pu semparer de létat-major de Munich et Hess a même pu tenir prisonnier le Premier ministre, Knilling, et le ministre de lIntérieur, Schweyer, dans la villa de léditeur Julius Lehman. Mais rien dautre na pu être accompli. Conformément aux ordres venus de Berlin, le général Otto von Lossow a déployé ses soldats autour de la ville. Pendant la nuit, von Kahr a réussi à installer le gouvernement à Regensburg non loin de Munich. Il a vite fait imprimer des affiches qui dénoncent le putsch et proclament la dissolution du Parti nazi. Hitler est découragé et abattu. Il ne voulait pas affronter larmée mais réussir à la convaincre de se joindre à eux pour marcher ensemble sur Berlin. Cest le général Ludendorff (ci-contre) qui lui en avait donné lidée. Il avait aussi suggéré à Adolf Hitler et à sa milice doccuper le centre de Munich. |
| Ils sont donc partis vers la ville, avec en tête Goering, Ulrich Graf, le garde du corps dHitler qui ne le quitte jamais, Alfred Rosenberg, Scheubner-Richter, aventurier balte, et 3000 SA. Ils ont réussi à franchir facilement un barrage érigé par la police et poursuivi leur chemin vers le centre-ville. Là, Hitler espère quil peut encore relancer sa révolution nazie et éviter un échec total. |
| Juste avant midi, Adolf Hitler et ses miliciens se sont trouvés face à un cordon de policiers dans une ruelle menant à lOdeonplatz. Hitler leur a donné lordre de se rendre mais les policiers ont tenu bon. |
| Un coup de feu a alors retenti, probablement tiré par Julius Streicher, bien que certains disent que cest Hitler lui-même qui a ouvert le feu. La police a riposté et Goering a été blessé à la jambe. Scheubner-Richter est mort sur le coup. Il tenait Hitler par 1e bras et, en sécroulant, il la entrainé dans sa chute et lui a démis lépaule. Se croyant atteint par balle, Hitler sest relevé et sest enfui, laissant seize de ses amis et trois policiers à terre. | ![]() |
| Ludendorff est furieux que la police ait osé ouvrir le feu. Il sest avancé vers eux avec son adjoint, le major Streck, mais aucun des SA na eu le courage de les suivre. |
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| Les principaux
accusés du putsch posent, après le verdict, devant le Volksgericht bavarois. De gauche à droite : Pernet, Weber, Frick, Kriebel , Ludendorff, Hitler, Brückner, Röhm et Wagner |
| Hitler a été arrêté alors quil se trouvait chez un de ses amis, Putzi Hanfstaengl, à Uffing, une localité située à 50 km de Munich. Il sest remis de sa blessure à lépaule mais il ne se pardonne pas de sêtre enfui en abandonnant ses camarades, il y a deux jours. Ernst Röhm a lui aussi été arrêté, deux heures seulement après les incidents du 9 novembre. Julius Streicher, Dietrich Eckart, Wilhelm Frick, Max Amman sont également sous les verrous. Gregor Strasser a été arrêté à Landshut par son propre beau-frère, le policier George Hofler. Ludendorff a été placé en résidence surveillée, alors que Rudolf Hess a pu se réfugier en Autriche. Goering, qui été soigné par sa femme, aidée par un banquier juif, a aussi pu senfuir avec elle en Autriche. |
Pâle, mal vêtu et les cheveux en désordre, mais portant toujours sa Croix de fer, Hitler a été enfermé dans la forteresse de Landsberg am Lech, comme lont été plusieurs de ses camarades nazis. |
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Il sinquiète des conséquences de
léchec du putsch car le Parti nazi est dissous et ses dirigeants arrêtés. Ses
espoirs de gloire et de pouvoir sont brisés. Les gens laccusent de lâcheté. Même
les manifestations pro-Hitler depuis son arrestation ne lont pas réconforté. Il pense que le putsch manqué a sonné le glas pour son projet qui faisait de la Bavière le point de départ dun mouvement qui devait renverser la république de Weimar. Drexler, lancien chef du Parti nazi, tente de rassurer Hitler, qui parle de suicide pour " échapper au peloton dexécution ". |