màj 30/03/03

l'internet au service des élèves

Sociologie  
       

Economie

   

Année Scolaire 1998/99

Science Politique

Lycée Sud Médoc
Av de Lacanau
le Taillan Médoc

 

qu'est ce que l'exclusion sociale et différentes conceptions de l'exclusion ?

L'exclusion sociale peut se comprendre d'abord comme la rupture du lien social

les formes de la rupture

l'anomie : relâchement des normes sociales

la déviance : transgression des normes sociales

cela peut être la transgression des règles morales, des usages (politesse), des coutumes

la délinquance est la déviance par rapport aux normes juridiques

la marginalité : attitude active de retrait social, se fixer ses propres normes = sous-culture

l'exclusion sociale est surtout un processus de rupture du lien social plus qu'un état.

ce que n'est pas l'exclusion !!

exclusion et exploitation

On ne peut pas assimiler exclusion et exploitation

exploitation exclusion
il s'agit d'un rapport social il n'y a plus de rapport social
ce rapport peut être corrigé par l'action collective l'exclusion est un combat contre soi-même

exclusion et pauvreté

On ne peut assimiler exclusion et pauvreté

Les sociétés pauvres ne sont pas des sociétés excluantes car elles ont maintenues des liens sociaux forts (distinction à faire entre exclusion sociale et exclusion économique)

Cette relation entre pauvreté et exclusion sociale permet de comprendre en quoi l'exclusion est un processus plus qu'un état. Cf doc p.352 Q.19

La notion de pauvreté

  • de quoi parlons-nous ?

elle est souvent définie par rapport au revenu

seuil de pauvreté : niveau de revenu, par unité de consommation, inférieur de moitié àla valeur médiane du revenu (avant impôt et corrigé de la sous évaluation des revenus du patrimoine). En 1996, le seuil de pauvreté en France est de 3400 F / unité de consommation.

elle est définie également de façon qualitative : on utilise 4 critères (approche multidimensionnelle qui permet de comprendre que donner un revenu ne suffit pas pour sortir de la pauvreté)

le nombre d'enfants, l'âge, l'activité, l'isolement

ce qu'est l'exclusion !!

on doit distinguer la période des 30 glorieuses et celle de la crise et particulièrement depuis les années 80 :

durant les 30 glorieuses :

croissance à baisse des inégalités à réduction de la pauvreté

subsiste une pauvreté résiduelle, endémique, "de père en fils" (les "exclus" de Lenoir) cf doc. 9 p.352

des inégalités à l'exclusion sociale : le processus

avec la crise

à hausse des inégalités économiques et sociales à cumul des handicaps à nouvelles pauvretés = exclusion économique à vulnérabilité à rupture du lien social = exclusion sociale

 

 

 

L'exclusion sociale : le processus - 3 conceptions (R. Castel - S. Paugam - F. Dubet)

Avec R. Castel, la notion de désaffiliation (exclusion sociale)

 

intégration : perte d'emploi durable

insertion : sociabilité

LA DESAFFILIATION

Les jeunes des banlieues à la dérive décrits par F. DUBET dans la "galère" sont le prototype , "un des points avancés de la désaffiliation en donnant à voir une manière d'être et de savoir qu'on est inutile au monde (idée de surnuméraire), pour reprendre une qualification appliquée aux vagabonds du Moyen Age" (R.Castel).On pourrait citer également les SDF qui associent expulsion totale du marché du travail et isolement social (homologue moderne du vagabond des sociétés préindustrielles)

Ce qu'il y a de nouveau aujourd'hui, c'est que la désaffiliation menace des populations qui étaient encore récemment intégrées. La progression de l'exclusion tient à l'aggravation de la déstabilisation de la condition salariale.

 

LA DISQUALIFICATION SOCIALE

Ici, on met l'accent sur le vécu de l'exclu.

Cette analyse de Serge Paugam insiste sur le discrédit de ceux dont on peut dire qu'ils ne participent pas pleinement à la vie sociale. S.Paugam s'intéresse à ceux reconnus comme pauvres par la société et non à l'ensemble des populations défavorisées. Il va privilégier l'analyse de la relation entre les assistés et les travailleurs sociaux. Cette relation revêt différents aspects :

*le recours à l'assistance est une épreuve humiliante et dégradante. Le statut d'assisté est donc dévalorisé.

*l'identité sociale de l'assisté est malmenée ;

-> il fait l'objet d'un processus d'étiquetage (goffman) : désigné publiquement comme appartenant à ....

->il fait l'objet d'un processus de dégradation statutaire : se prêter à des formalités dégradantes (faire la preuve de sa pauvreté..)

Ce processus de disqualification sociale s'organiserait en 3 phases :

1°phase les fragiles : ils bénéficient d'une intervention ponctuelle car leurs difficultés sont d'ordre économique.

2°phase les assistés : ils font l'objet d'un suivi social régulier car leurs difficultés sont plus importantes.

3°phase les marginaux : ils se situent à l'écart du dispositif officiel d'assistance = rupture du lien social

l'exclusion entre "la rage " et la "désorganisation sociale" = la "galère" (f.Dubet) cf doc. 13 et 14 p.354 & 354

la galère : les acteurs sont à la fois violents, délinquants et apathiques

Désorganisation sociale : baisse de l'influence des règles sociales de conduite existantes sur les membres du groupe. Dans ce cas, l'individu devient démoralisé et incapable de définir un projet de vie (démoralisation) - cas des immigrants polonais aux E.U : les adultes sont désorganisés par suite de l'effondrement des règles de conduite et les enfants sont amoraux en l'absence de règles de conduite socialement sanctionnées.

de l'acteur déçu à l'acteur détruit

Dans les banlieues, cas des beurs :

Ils connaissent comme les jeunes français la galère et en même temps font l'objet d'une forte assimilation culturelle (contradiction).

Cependant, au-delà de la galère, ils subissent surtout le racisme.

Cf Tocqueville, le racisme apparaît lorsque la distance sociale se réduit. La quête d'identité (intégration) fait des beurs des boucs émissaires.

L'installation définitive en France des familles maghrébines, l'intégration progressive de leurs enfants, n'ont fait qu'attiser la racisme. Actuellement, les conditions sociales des familles françaises et d'origine maghrébine sont équivalentes dans de nombreuses cités de banlieues. La cohabitation avec les immigrés est devenue le symbole du déclassement social et de la marginalisation ; d'où la tentation pour un grand nombre de les " remettre à leur place ". L'intégration progressive des immigrés et de leurs descendants se heurte à la perpétuation des discriminations et des actes de violence racistes.
Certains observateurs antiracistes militants reconnaissent eux-mêmes l'existence d'une violence spécifiquement immigrée qu'ils justifient en y voyant une révolte légitime. Ainsi, Harlem Désir considère que la violence est la réaction compréhensible d'une " communauté ethnique ", d'une " minorité rejetée pour des raisons raciales ".

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