màj 30/03/03

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Sociologie  
       

Economie

   

Année Scolaire 1998/99

Science Politique

Lycée Sud Médoc
Av de Lacanau
le Taillan Médoc

le travail comme facteur d'intégration sociale - retour à E. Durkheim

Les sociétés occidentales ont connu des changements économiques mais aussi sociologiques pendant le XXè siècle. Cette évolution sociologique est génératrice de problèmes car quand il y a changement, il y a en même temps des questions qui se posent sur l'avenir de la société.

Ces changements ont-ils remis en cause l'intégration sociale ? Si oui, comment peut-on faire pour la réaffirmer ?

Tout d'abord, il convient de donner une définition de l'intégration : (cf doc 15 p 197)

C'est la façon dont un groupe s'attire à lui un individu. Quelqu'un qui est intégré, c'est qu'il partage des normes et des valeurs. Il est conforme.

ex : pour DURKHEIM, le suicide peut être le résultat d'une insuffisance d'intégration (suicide égoïste), ou parfois, dans certains cas, il s'agit d'un excès d'intégration. Dans tous les cas, il dégage un lien entre intégration et suicide.

L'intégration est donc un lien social qui unit les membres d'un groupe et qui fait que les individus acceptent de vivre dans ce groupe : c'est une fonction très importante de l'intégration

il existe plusieurs composantes du lien social : (voir l'analyse de Thévenot et Boltanski dans Sc. Humaines sur "les économies de la grandeur))

Durkheim associe, à la notion d'intégration, la notion de régulation : la société doit avoir les moyens de faire respecter les règles, de pousser au conformisme.

L'intégration est importante pour les individus mais le contrôle social est indispensable au bon fonctionnnement de la société.

Depuis le XIXè siècle, on constate qu'il existe plusieurs lieux d'intégration ( institutions) : la famille, l'école, l'Etat, le travail

Nosu allons nous intéresser au rôle du travail particulièrement. En quoi le travail est-il un facteur d'intégration sociale ? Quels sont, aujourd'hui, les rôles des autres institutions ?

  1. Selon Durkheim, la division du travail engendre du lien social Q18 p.195

Plusieurs sociologues se sont intéressés au changement social :

- DURKHEIM : le changement social se fait par la division du travail

- WEBER : rôle des valeurs dans le changement social = idée de la rationalité

- MARX : changement social grâce au conflit social

- TOCQUEVILLE : changement social vient de la propension des gens à rechercher l'égalité

Pour Marx, la division du travail est le symbole d'une plus grande exploitation des travailleurs

Durkheim, quant à lui, a une approche évolutionniste : la division du travail entraîne une hausse de l'individualisme. Il en conclut donc que l'intégration s'accompagne d'individualisme. Mais, cette idée est paradoxale : d'un côté, l'individu s'émancipe du groupe auquel il appartient et parallèlement, on a un renforcement de la cohésion sociale.

Pour Durkheim, cela s'explique par le passage d'une solidarité mécanique à une solidarité organique. (cf docs 11 et 12 p 194-195)

solidarité mécanique solidarité organique
conscience collective forte conscience individuelle croissante
ressemblance Dissemblance
Identité des consciences individuelles Complémentarité des consciences individuelles
droit répressif : réprimer tout ce qui menace l'unité du groupe droit restitutif : contrat et législation

On retiendra que la fonction de la division du travail, selon Durkheim, est l'intégration, c'est à dire l'attachement à la société. La division du travail accentue l'interdépendance des individus et force à la coopération.

  1. La cohésion sociale s'accomode de la montée de l'individualisme

Ainsi les individus acceptent de vivre ensemble alors même qu'avec la division du travail, il y a une montée de l'individualisme. Mais cet individualisme ne signifie pas, selon Durkheim, égoïsme (voir le doc 19 p.199) mais plutôt individualisme universaliste au sens de Roussel (voir l'introduction du cours : "reconnaissance de la liberté individuelle sous réserve que les actes qui en découlent puissent être généralisés à tous les autres individus sans nuire au bien commun" L. Roussel Sciences Humaines HS n° 14).
Pour SMITH, l'individualisme entraîne du changement social. Mais, Durkheim s'oppose à lui car cela entraîne également de l'égoïsme. Mais, pour Smith, cela n'est pas un problème car le lien social est un lien marchand, or ce lien peut se développer par la division du travail. On a, de ce point de vue, une montée de l'individualisme particulariste : on cherche à satisfaire ses propres intérêts sans se soucier de ceux des autres. On a donc une relative opposition entre Smith (qui se place uniquement du point de vue économique) et Durkheim.

Durkheim, conscient, déjà à son époque, des difficultés de la famille et de l'Etat ou encore de la religion à intégrer les individus, insiste sur le rôle des corporations professionnelles. Elles ont une fonction d'intégration (importance de l'identité professionnelle) et une fonction de régulation (morale professionnelle). Doc 18 p.198

Le doc 13 p. 212 illustre cette dimension en prenant l'exemple de la société cheminote. Cependant le syndicalisme est en crise. Les doc. 15, 16 17,18 p. 213 & s. en témoignent.

Conclusion : Durkheim considérait que la division du travail permettait l'éclosion de l'individualisme (au sens d'une valorisation de la personne humaine) sans pour autant que la société ne se dissolve.

II) en quoi le travail produit-il aujourd'hui du lien social ?

 

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