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en quoi le travail produit-il aujourd'hui du lien social ? dossier (extraits) et questionnaire et ressources
une fonction de
production une fonction de
répartition une fonction
d'insertion sociale On reviendra sur la différence entre insertion et intégration (cf cours sur lien social et Etat). (voici ce que j'ai
répondu au courrier électronique de Anne cora D. Méda précise
cependant que le travail est une construction historique.
C'est en effet au 18 ° siècle que le
travail est inventé. Le travail est né au XVIIIè
siècle avec la pensée classique (Smith). Le travail a eu une
connotation péjorative car il signifie "labeur". Il
est vu comme une activité contraignante. Marx a montré que le
travail équivaut à de l'exploitation. Pendant très longtemps,
le travail était réservé aux classes inférieures. Les gens
avaient une place dans la société autrement que par le travail,
mais par exemple, par la culture, la religion, la politique..A
partir du XVIIIè siècle, l'individu est intégré dans la
société par le travail (approche économique). Cette conception
du travail est importante car elle a permis aux individus de
"s'émanciper des tutelles traditionnelles" : par la
formation d'un marché du travail, le travail devient une
marchandise. On va libérer les individus de leurs
particularismes Certes, le travail a été un facteur d'émancipation des tutelles traditionnelles. Mais le lien social est d'abord un lien économique. D. Méda s'interroge sur la portée du lien économique pour fonder le lien social (nous y reviendrons). J. Boissonnat souligne que l'importance du travail est telle aujourd'hui qu'il est devenu synonyme d'emploi. D'où l'identité couramment énoncée "pas d'emploi = pas de travail = pas d'existence". (on consultera avec intérêt ce compte rendu d'un article de D. Linhart : "le travail, quelle place pour les jeunes ?" Problèmes économiques 21/2/96. C'est en raison de la fonction d'insertion sociale que l'absence de travail est vécue aujourd'hui comme une exclusion. Le travail est un grand intégrateur. En dehors du monde du travail, la sociabilité se développe car on retrouve les mêmes personnes avec qui l'on travaille dans son quartier. ex : DUBET, dans "Les Quartiers d'exil", s'est intéressé aux "banlieues rouges" (quartiers où les gens sont ouvriers et votent communistes). On retrouve les gens qui ont les mêmes conditions : même travail, même conditions de vie, même vote, ... Dubet montre qu'avec la crise de l'emploi, il y a également une crise de ces quartiers où on note une nette augmentation du racisme à cause du rapprochement de différentes cultures à l'intérieur de ces quartiers.(voir plus loin) Le travail est
quelque chose d'essentiel: il procure un revenu aux gens. Ce
revenu leur permet de consommer. Mais le travail est également
un facteur important d'insertion sociale. B) le travail devenu emploi offre une sécurité alternative à la propriété Le 20 ° siècle est celui de l'emploi. qu'est ce que l'emploi ? on pourrait le définir en faisant référence à l'équation fordienne de l'emploi typique. Selon D. Méda, l'emploi garantit l'accès aux richesses et donne une place dans la vie sociale ( il confère des avantages et un revenu). Le salaire est la contrepartie du travail fourni. L'emploi, enfin, est le canal pour se former, pour disposer d'une protection et pour accéder aux biens sociaux. Il est important de souligner qu'avec l'emploi, le travailleur va disposer d'une "propriété sociale" (au sens de R. Castel) que reconnaît d'ailleurs la constitution dans son préambule : "chacun a le droit de travailler et d'obtenir un emploi .. la Nation garantit à tous la protection de la santé.. tout être humain qui en raison .... se trouve dans l'incapacité de travailler a le droit d'obtenir de la collectivité des moyens convenables d'existence ..". "L'Etat doit garantir", c'est-à-dire qu'il doit permettre à chaque individu d'accéder à la richesse et à une place sociale. Avec l'apparition du terme "chômeur", l'Etat va prendre en charge les individus sans travail. Ainsi, il va protéger les travailleurs. En effet, avec la société salariale, le travailleur va bénéficier de nouvelles formes de sécurité. La société salariale selon R. Castel se développe au 20 ° siècle. Il s'agit d'une "société dans laquelle l'identité sociale se fonde sur le travail salarié plutôt que sur la propriété. " (R. Castel). R. Castel insiste en effet
sur l'idée qu'au19 ° siècle et une partie du 20 ° le
travailleur n'avait pour seule fortune que son travail, ce qui
signifiait une grande précarité. Ainsi le travail signifiait
insécurité et la propriété (matérielle) garantissait la
sécurité. L'emploi va bouleverser le rapport entre travail et
sécurité et entre la propriété et la sécurité avec
l'avènement de la propriété sociale et de la sécurité -
droit. La
propriété sociale est différente de la propriété matérielle
où le patrimoine se transmet par l'héritage. La propriété
sociale, c'est l'Etat qui va donner aux individus des droits (=
propriété) qui vont les protéger contre l'insécurité de la
vie : droit de l'emploi, protection santé, sécurité
matérielle, ... L'Etat va également donner aux individus qui ne
travaillent pas. On assiste à une substitution de l'assistanat
des tutelles traditionnelles par l'Etat. C) crise de l'emploi et mise en cause du rôle du travail comme facteur d'intégration sociale la crise de l'emploi dès les années 1970 avec la massification du chômage et la précarisation des emplois a pour R. Castel 3 conséquences : - la déstabilisation des stables (une partie de la classe ouvrière et des employés). Aujourd'hui, plus personne n'est à l'abri du chômage et de la précarité. La crise de l'emploi met en cause la propriété sociale (le travailleur n'a plus la sécurité de l'emploi : il va se retrouver comme au XIXè siècle). L'emploi permettait une fluidité sociale. La déstabilisation des stables a une incidence négative sur la mobilité sociale. - l'installation dans la précarité. Se développe une "culture de l'aléatoire", cette idée de "vivre au jour le jour". La précarité devient un destion. R. Castel évoque un néo paupérisme. - le déficit des places. R. Castel voit malheureusement dans la situation de certains chômeurs de longue durée, des "inutiles au monde", des surnuméraires qu'il apparente aux vagabonds du moyen âge,qui parmi les plus pauvres, de part leur statut, ne pouvaient pas bénéficier des protections de voisinage, traditionnelles (famille, paroisse, village). Cependant, R. Castel considère que cette inutilité sociale les disqualifie sur le plan social et civique. Il s'agit selon lui de la nouvelle question sociale en cette fin de XX° siècle. Ce sentiment
d'inutilité, le fait de ne pas avoir d'emploi peut entraîner un
désintéressement de la vie politique chez ces personnes. Elles
coupent les ponts avec la société. Elles n'ont pas de vie
sociale par manque d'espoir et l'absence de volonté de
changement. Ce phénomène nous montre que la place des individus
dans notre société est belle et bien déterminée seulement
d'un point de vue économique. Dominique MEDA reconsidère
la place du travail dans la société. En effet, si on
regarde l'histoire du lien social, l'intégration sociale ne
s'est pas toujours réalisée par le travail. on tirera profit de l'article d'AE du 4/99 "la croissance contre (la vraie) richesse " (à propos du livre de D. Méda "qu'est-ce que la richesse ?") III) la mise en oeuvre du lien social : affaiblissement ou renforcement des instances d'intégration ?
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