Changement Social et Conflits
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CHANGEMENT SOCIAL ET CONFLIT

I- MUTATIONS DU TRAVAIL, DE L'EMPLOI ET CONFLITS.
A- Le conflit social est source de changement social
1- Le rôle de la lutte des classes.
2- La grève comme forme institutionnalisée du conflit du travail.
3- l'analyse marxiste est à relativiser.
B- L'évolution des formes de conflit dans le monde du travail.
1- Des évolutions significatives.
2- Vers une autre forme de conflictualité.
II- L’action collective au sein des sociétés contemporaines : nouvelles formes, nouveaux enjeux
A) Les  " nouveaux mouvements sociaux "
1) Définitions
2) Quels sont les mouvements sociaux ?
B) comprendre l'action collective
1) l'analyse d'Hirschman
2) l'analyse d'Olson
C) de nouvelles revendications, de nouveaux acteurs, de nouvelles formes d'action
1) l'influence du post matérialisme : Inglehart
2) des interrogations sur les modalités de l'intégration sociale
3) de nouveaux acteurs


MUTATIONS DU TRAVAIL, DE L'EMPLOI ET CONFLITS.

Le conflit social est source de changement social

Nous verrons que le changement social résulte de conflits dans le monde du travail.

Le rôle de la lutte des classes.

"L'histoire de toute société est l'histoire de la lutte des classes.", Marx.

Karl Marx considère que la société est organisée en classes sociales qui sont en perpétuel conflit, d'où le phénomène de lutte des classes.

L'analyse marxiste réside dans le matérialisme dialectique, donc elle s'oppose à la philosophie de Hegel.

Marx définit la classe sociale en considérant les conditions matérielles de vie et en particulier les conditions matérielles de production.

Il distingue deux classes:

- le prolétariat: il ne possède que sa force de travail qu'il doit vendre pour vivre.

- la bourgeoisie : elle possède les machines, les entreprises, les moyens de production...

Pour Marx, le capitalisme est donc à l'origine des classes sociales qui existent dans la société. Il va plus loin dans son analyse puisqu'il distingue :

- la classe en soi : c'est la place des classes sociales dans la société, dans la production.

- la classe pour soi : elle fait référence à la conscience de classe. C'est-à-dire que les prolétaires ont conscience d'être dominés par les capitalistes, les conflits participent ainsi à la définition des classes sociales. Il dit, par exemple, que les paysans n'appartiennent pas à une classe sociale car ils sont trop individualistes.

Marx trouve un sens à l'histoire. En effet, dans son idée, les conflits vont devenir de plus en plus importants si bien que petit à petit le prolétariat va prendre le pouvoir de telle sorte que le capitalisme va finir par disparaître totalement. En fait, le socialisme n'est qu'une étape avant la mise en place du communisme.

Dans son analyse, le conflit social joue un rôle déterminant dans le changement social. Il a 3 attributs. Ce conflit est de type bipolaire ( deux classes ) et central ( il concerne la société et permet de comprendre son fonctionnement ). Il trouve sa source dans le travail car ce sont les moyens de production qui sont la plupart du temps remis en cause.

La grève comme forme institutionnalisée du conflit du travail.

Le changement social depuis le XIXe s. illustre bien cette approche marxiste dans la mesure où la législation du travail et les premières lois sur la protection au travail permettent une amélioration des conditions des ouvriers. Grâce au mouvement ouvrier, un certain nombre de conquêtes sociales ont été réalisées.

Cependant, s'il est positif, ce conflit doit être institutionnalisé. Il doit obéir à des règles et en produire. L'illustration même de ce conflit institutionnalisé est la grève.

ne pas confondre grève et conflit.

doc. 4 p. 246:

Dans l'histoire de l'industrialisation, il y a eu le luddisme ( le bris de machines ), la séquestration des employeurs, l'occupation des usines par les salariés... . Mais, ces formes de conflit sont violentes donc leur action est limitée. C'est pourquoi on cherche à les transformer de sorte qu'elles deviennent productrices de lien social. Pour y parvenir il suffit de les rendre institutionnelles. En fait, le conflit devient grève.

-1864 : reconnaissance du droit de grève.

-1884 : reconnaissance du droit syndical.

-1946 : droit de grève reconnu par la Constitution.

-1950 : la grève n'est plus reconnue comme une rupture du contrat de travail.

 qu'est-ce que la grève ?

La grève est une cessation d'activité professionnelle. Un préavis est obligatoire dans la mesure où les salariés annonçant une grève, espèrent que l'employeur entamera des négociations avant le début de l'action.

La grève bloque et dérange tout le monde, mais elle oblige l'employeur à écouter les doléances des salariés.

Lors d'une grève, il y a :

- recherche de conciliations

- arbitrage extérieur. L'arbitre a les pleins pouvoirs

- médiation .Le médiateur sert à mettre en contact les parties mais il n'a aucun pouvoir.

On est donc en perpétuelle recherche de solutions. La grève est une forme de relation sociale comme une autre.

pourquoi institutionnaliser le conflit social ?

il ne signifie pas rupture de lien social.

C'est lorsqu'il n'y a pas de conflit qu'on peut craindre l'absence de lien social. Il ne faut pas confondre exploitation et exclusion. Le salarié est dans certain cas exploité mais il y a toujours un lien social, alors que dans l'exclusion il n'y a plus de lien.

Le conflit peut favoriser la cohésion de la société en renforçant le lien social.

car il exerce une fonction cohésive.

Le conflit peut être purificateur car il purge les tensions sociales qui existent à un moment donné.

Le conflit a un rôle d'information car grâce à lui l'employeur peut prendre conscience de certains faits dont il ne se doutait pas.

Le conflit peut être intégrateur. Il a un rôle de socialisation. Par exemple, lors des grèves dans l'automobile dans les années 70, les immigrés étaient les premiers touchés étant donné qu'ils se trouvaient aux chaînes de montage. En fait, la grève a participé à leur intégration dans la société française.

Le conflit peut être innovateur. Il sert à produire des règles.

En somme, il faut le canaliser pour qu'il soit positif.

les avantages et les limites de l'institutionnalisation des syndicats.

Avec cette institutionnalisation du conflit, il va y avoir l'émergence d'un nouvel acteur, le syndicat.

Au moment de la Révolution Française, le droit de coalition a été aboli. Ce n'est qu'en 1968 que les syndicats seront autorisés à entrer dans les entreprises françaises.

les fonctions d'un syndicat.

doc.3 polycopié 6 :

Le syndicat a une fonction de représentation et d'expression. Il aide les salariés à formuler les revendications.

Il a également une fonction de régulation sociale, de solidarité. Il est facteur de cohésion et d'identité de la classe ouvrière ( ex. : la CGT ).

Cependant, ce rôle des syndicats atteint des limites.

les limites.

doc.7 p.247 :

Ce rôle des syndicats tend à donner une grande importance à l'égard de l'appareil syndical.

La première limite vient du fait que l'on se demande si les leaders cherchent à défendre les droits des salariés ou si leur but est d'assurer la pérennité de l'organisation syndicale.

Sont-ils dans leurs bureaux ou sur le terrain ?

La seconde limite rejoint la première puisque le problème est que tous ces militants ne sont plus sur le terrain avec les ouvriers. Il y a un risque de déconnexion entre le travail syndical des militants dans l'institution et leur travail sur le terrain avec les salariés.

La troisième limite est que l'action syndicale se heurte au paradoxe d'Olson.

l'analyse marxiste est à relativiser.

l'analyse de Tocqueville.

doc.17 p.253, Q.5 :

Tocqueville et Marx ont un avis opposé sur le thème du conflit social.

Dans son analyse de la démocratie, Tocqueville met en évidence la marche vers l'égalité des conditions. Il considère que les sociétés deviennent de plus en plus démocratiques, Toutefois, pour Tocqueville, le conflit subsiste. Pourquoi y a t-il conflit social si l'on va vers l'égalité ?

docs 11 et 12 p.273 :

Tocqueville insiste sur la thèse de frustration relative. Pour lui, plus l'égalité des conditions se développe, s'affirme, plus les inégalités sont insupportables. En effet, plus sont mis en place des mécanismes pour les réduire, plus les inégalités qui subsistent sont dures à supporter et deviennent petit à petit sources de conflits. Elles entraînent un sentiment de frustration, facteur de conflit social. Ce dernier naît du rapport entre l'idéal qui consiste en l'égalité et le réel qui n'est en fait qu'inégalités.

relativiser le déterminisme économique et la thèse de la bipolarisation.

doc.4 polycopié 6 :

Pour Darhendorf, les conflits sont multipolaires car ils naissent de problèmes d'autorité qui sont de causes très diverses.

Pour Touraine, jusqu'aux années 70 le conflit central est lié au monde du travail. Mais, il dit qu'à partir des années 70 ces conflits liés au monde du travail vont perdre de leur importance. En effet, les causes de conflit vont devenir de plus en plus culturelles. On passe d'une société industrielle à une société post-industrielle.

ex. : les mouvements féministes, anti-nucléaires...

Pour Bourdieu, le conflit trouve son orgine dans la résistance aux phénomènes multidimensionnels de la domination. La séparation entre dominants et dominés est d'ordre politique, économique, social, culturel...

ex. : dans le système éducatif, on parle d'héritiers. Ceux qui réussissent le mieux à l'école sont enfants des catégories déjà privilégiées.

avec les mutations de l'emploi, la disparition des classes sociales ?

le sentiment d'appartenance.

doc.2 p.242 :

On constate que jusqu'en 1975, à la question "avez vous le sentiment d'appartenir à une classe sociale" le % de réponses (oui / non) augmente. C'est à partir de cette année qu'il commence à décroître. Cette baisse laisse à penser que le % de non réponses devient prépondérant. De plus en plus de personnes ne se posent même plus la question. Beaucoup de personnes n'ont plus d'avis.

doc.11 p.250 :

Appartenance à une classe sociale ?

- oui : 61% - la tendance est plutôt stable entre 1966 et 1994

- non : 30% à 38% - on note une légère augmentation entre ces 2 dates.

On peut déduire de cette analyse que le sentiment d'appartenance à une classe sociale a tendance à disparaître.

des classes sociales moins visibles.

doc.10 p.249 :

Pour comprendre l'affaiblissement des classes sociales, on peut mobiliser des facteurs tels que :

- l'extension de l'accès à l'éducation des français

- les transformations familiales

- la mobilité sociale

Le résultat est qu'il y a de moins en moins de différence entre les classes sociales.

On remarque trois transformations de la classe ouvrière :

- mode de vie ouvrier : la consommation des ouvriers est moins spécifique ( baisse de la part réservée à l'alimentaire... ).

- homogamie sociale de moins en moins vraie.

- le vote politique se diversifie.

Ainsi la réalité de la classe ouvrière est mise en cause. D'un côté, les ouvriers qualifiés évoluent vers les professions intermédiaires. De l'autre, tout un pan de cette classe ouvrière se dirige vers la pauvreté, le prolétariat. Il y a un regroupement avec les employés prolétarisés. On assiste donc une dualisation du monde ouvrier. La classe ouvrière n'est plus une classe entière, homogène.

CL : L'analyse marxiste a été très pertinente pour nous aider à comprendre le changement social. Toutefois étant donné l'évolution des conflits sociaux, nous sommes obligés la relativiser et de rechercher d'autres analyses que celle-ci.

L'évolution des formes de conflit dans le monde du travail.

Si l'on s'intéresse toujours au monde du travail, on se rend compte que les conflits sociaux se transforment.

Des évolutions significatives.

doc.1 p.242 :

Le nombre de jours de grèves a tendance à diminuer à partir de la seconde moitié des années 70. La période récente se caractérise par moins de grèves.

Les conflits sont de plus en plus circonscrits à l'entreprise. Sauf en 1995, l'année de la grève des cheminots, première action contre la mondialisation.

Les conflits sont de plus en plus localisés.

doc.5 polycopié 6 :

Depuis 1980, on voit que les conflits qui éclatent touchent de plus en plus la fonction publique.

Pourquoi ?

- car la syndicalisation est plus forte dans la fonction publique que dans le privé ( ex. : l'enseignement ).

- l'emploi est garanti.

A présent, on constate que les formes traditionnelles de la lutte des classes ne se vérifient plus.

Vers une autre forme de conflictualité dans le monde du travail

des conflits de plus en plus liés à l'emploi.

Jusqu'aux années 1980, les conflits étaient liés aux revenus et aux conditions de travail. Ils concernaient des personnes ayant déjà un emploi et voulant l'améliorer.

Aujourd'hui, il y a des conflits mais dont l'objectif est de créer des emploi ou de tout faire pour conserver le sien.

ex. : Air France, banques ( introduction de nouvelles technologies )....

Le chômage pèse sur la conflictualité car il réduit les grèves et modifie les objectifs.

des conflits de plus en plus catégoriels, de plus en plus localisés.

Depuis les années 80, on voit que les conflits sociaux concernent certaines catégories professionnelles : ouvriers spécialisés, immigrés, femmes... On fait grève dans le secteur des transports ( routiers, tris postal... ). Les conflits sont localisés dans les secteurs-clés de l'économie.

Il y a un désengagement des syndicats dans le conflit social. On voit apparaître leur effacement. Ce sont de nouvelles structures comme celle de la coordination qui apparaissent. Þ ex. : le conflit des infirmières.

Pourquoi la coordination ?

- il y a une méfiance vis-à-vis des syndicats car on ne sait pas s'ils travaillent pour eux-même ou pour les salariés.

- la pratique syndicale est très peu développée

des conflits de plus en plus liés au statut.

Il est remarquable de constater que c'est dans le secteur public que l'on fait le plus grève.

Avec la mondialisation, il y a la peur de perdre un statut social ( accès à des emplois à durée indéterminée, droit à une protection sociale... ). Il s'agit de défendre le secteur public, le rôle de l'Etat, qui au côté du monde ouvrier a participé à l'élaboration de ce statut social. La mondialisation entraîne aussi une augmentation du temps de cotisation. La retraite cristallise aujourd'hui un certain nombre de clivages liés au statut social.

Il y a vraiment une volonté de protéger le statut social. Mais cela ne concerne pas que les salariés.

ex. : les médecins en 1983.

Il s'agit de la reconnaissance du statut du médecin dans la société. Ils voulaient une médecine accessible à tous.

CL : Toutes ces évolutions depuis les années 80 montrent que les conflits demeurent dans le monde du travail mais ils n'ont plus les 3 attributs soulignés plus haut : conflit central, conflit bipôlaire, conflit circonscrit au monde du travail. Ce n'est pas pour autant la disparition des conflits, d'autres vont apparaître.

L’action collective au sein des sociétés contemporaine : nouvelles formes, nouveaux enjeux

Aujourd’hui, la confluctualité, ne se réduit plus au marché du travail, elle concerne désormais l’ensemble de la société, c’est pour cela que l’on assiste depuis les années 60, à l’émergence de  " nouveaux mouvements sociaux ".

- mouvements sociaux : action collective exprimant des revendications à partir d’intérêts communs et collectifs, visant à provoquer un changement des mentalités, des comportements ou des institutions.

Les "nouveaux mouvements sociaux "

Définitions

L’analyse d’Alain Touraine : avec la crise économique, nous sommes passés de la société industrielle à la société post-industrielle ; ce qui a entraîné l'apparition de nouvelles formes de conflits.

  Société industrielle Société post-industrielle
Type de société Le pouvoir appartient à ceux qui possèdent les moyens de production

º fordisme

Pouvoir des technocrates avec l’accès au savoir et à l’information
Type de conflit Conflit de classe qui oppose le capital au travail (bourgeois contre les prolétaires)

º analyse marxiste

Conflit de type identitaire entre la société civile et les appareil de gestion et

d’information (l’Etat)

Type de personne Prédominance des mouvements ouvriers Emergence de nouveaux acteurs comme les femmes, immigrés, étudiants, anti-nucléaires, homosexuels….

Quels sont les mouvements sociaux ?

  • le mouvement de " sans " : Depuis la crise économique, il existe de plus en plus de mouvements qui concernent les " sans emploi " depuis hivers 97-98, les " sans-logis " depuis 90’s avec le mvt de l’Abbé Pierre, et les " sans papier " depuis l’été 96.

ces mouvements sociaux ont pour objectif de faire pression sur l’Etat pour de meilleures conditions ; mais, derrière ces mouvements, il y a une recherche d’une identité et une place dans la société. Ils s’adressent à l’Etat car c’est " lui " qui peut faire bouger les choses ! ! 

  • les luttes des femmes :

Dans les pays occidentaux, les mouvements féministes se font, de plus en plus, depuis les années 70 ; notamment en France, Simone Veil a fait voter la loi autorisant l’avortement en janvier 1975. Puis, la France a adopté la loi de la parité dans la vie politique.

Y aura-t-il un jour, une loi qui contraindrait les patrons à payer les femmes autant que les hommes ?

  • les mouvements des homosexuels :

Dans les années 90, il y a eu beaucoup d’actions dans le but de ne pas être exclus de la société parce qu'on est différent, mais d’être reconnus socialement.

La maladie du SIDA a renforcé ce mouvement notamment avec le scandale du " sang contaminé ".

En France, le pacte civil de solidarité a été voté en 1999, il est une forme de reconnaissance du couple homosexuel.

Comprendre l’action collective :

Albert Hirschman affirme la nécessité de l’action collective, mais, le paradoxe d’Olson montre la difficulté de l’organiser, d’où différents modes de régulation des conflits sociaux.

L’analyse d’Hirschman :

Pour lui, l’action collective est quelque chose de nécessaire car il consiste à dire les choses qui ne vont pas.

Il y a 3 comportements possibles à adopter, face à un mécontentement :

  • la fidélité : supporter la situation sans rien dire
  • la défection : abandonner sans rien dire (" exit ")
  • la prise de parole : exposer leur doléance pour provoquer une correction de la situation (" voice ")

Cette analyse a été repris par Bajoit : Il apparaît que les attitudes de prise de parole sont préférables aux comportements de fuite ou de fidélité.

- le problème de la fuite, c’est que l’on ne sait pas pour quelle cause l’individu a décidé de partir.

- le problème de la fidélité, c’est qu’on maintient les autorités dans l’autosatisfaction et c’est donc empêcher tout changement qui aurait dû avoir lieu.

L’analyse d’Olson :

Pour lui, chacun a intérêt à l’action collective sans y participer, c’est à dire que chacun a intérêt d ‘avoir un comportement de cavalier libre (free rider), donc de profiter de l’action collective sans avoir à supporter les coûts que représente l’action collective.

Pour comprendre ce paradoxe, il faut bien prendre connaissance que ce qu’obtient l’action collective est un bien collectif c’est à dire accessible à tous, sans condition, gréviste ou non. Tout le monde a intérêt à l’action collective, puisqu’elle permet d’avoir un résultat partagé par tous et plus il y a de manifestants, plus le résultat de l'action sera important. Mais, que pouvons-nous faire pour que chacun participe à ce mouvement ?

Olson propose 2 solutions :

  • pénaliser les gens qui ne participent pas en donnant plus d'avantages à ceux qui " se bougent ".
  • faire pression sur les " non-grévistes " - les mettre à l’écart du groupe.(voir le film "ressources humaines" où cela est bien analysé)

De nouvelles revendications, de nouveaux acteurs, de nouvelles formes d’action :

L’influence du post-matérialisme : Inglehart

Jusqu’aux années 70, les conflits étaient liés au monde du travail : il s'agissait de régler des questions matérielles.

Depuis les années 80, les conflits se sont déplacés avec les mouvements " sans ", les mouvements féministes, les mouvements homosexuels….

Les valeurs matérielles ne régressent-elles pas au profit des valeurs post-matérialistes.

Le sociologue américain, Ronald Inglehart a étudié cette question.

Sa thèse centrale souligne que, dans les sociétés occidentales, la satisfaction des besoins matériels de base pour l’essentiel de la population, déplace les demandes vers des revendications plus quantitative de :

  • participation
  • préservation de l’autonomie
  • qualité de vie - environnement
  • contrôle du processus de travail
  • recherche d’une identité et d’une quête de soi

Des interrogations sur les modalités de l’intégration sociale :

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          • Des conflits de type identitaire

Aujourd’hui, le but principal des individus est de trouver une place dans la société. la question du rapport entre conflit et intégration est donc centrale.

Les différents mouvements sociaux concernent des problèmes d’identité.

Ex :
* les " sans papier " veulent être reconnus comme citoyen français

Ces mouvements sociaux apportent quelque chose d’essentiel car ils sont à l'origine de production de lois et de textes règlementaires comme la loi sur la parité en politique ou le PACS pour les homosexuels.

De nouveaux acteurs :

  • Les " entrepreneurs de mouvements sociaux " sont chargés de placer des personnes qui sont en marge de la société dans l'espace des médias.
  •  
    • En effet, ces personnes qui sont en quête d’identité sont pris en charge par des entrepreneurs moraux qui ont pour fonction de mobiliser l’opinion publique. Il y a en effet un paradoxe à être en marge (involontairement le plus souvent) et en même temps chercher à être connus.
  • Le rôle des médias est crucial.
  • Ces entrepreneurs de mouvements sociaux doivent mobiliser les médias comme la télévision et la radio, car ils ont un grand pouvoir, dans notre société. La publicité que les médias donne à une action revendicative est essentielle à la pérénité des mouvements sociaux, qui ont donc, besoin d’eux. En effet, aujourd’hui, les médias ont le pouvoir d’interpeller les hommes politiques et grâce à cette médiation, les entrepreneurs pourront faire valoir leur problème. L'image a aujourd'hui un poids essentiel.

CL : Avant, les conflits de classe, dans le monde du travail, permettaient de créer des législations sociales, alors qu’aujourd’hui, les nouvelles formes de conflits sont producteurs de normes et de lois, comme la loi sur la contraception, le PACS, la loi sur la parité…..

notes de cours proposées par Carole et Christelle - 703 - année scolaire 1999/2000

 

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