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Changement social et Solidarités
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Changement social et solidaritéIntroductionSujet : L'évolution du lien social et de l'intégration en France. Auteur : Émile Durkheim Problématique : On va se demander si les changements sociaux ont affecté le lien social et l'intégration en France. Si oui, de quelles façons ? Quelles en sont les conséquences et les problèmes ? On va retenir 4 domaines que l'on va analyser : travail et lien social, famille et lien social, école et lien social, État et lien social. En quoi les transformations de chacun de ses quatre domaines vont affecter le lien social ? Lien social : C'est ce qui relie les individus entre eux dans leur vie quotidienne et assure la cohésion sociale, c'est-à-dire l'intégration. Ce lien à trois natures possibles :
Intégration : Le lien social permet l'intégration. Quand il n'y a plus de lien social, on ne parle plus d'intégration mais d'exclusion. L'intégration est l'action d'incorporer des individus dans la société. Il y a deux points de vue : celui de l'individu (Comment éviter que l'individu soit exclu ?) et celui de la société (Comment intégrer les individus ?) Le travail comme facteur d'intégration sociale.La position de Durkheim est la suivante, il a une vision évolutionniste de la société : au fur et à mesure que les sociétés se développent, elles approfondissent la division du travail, la spécialisation. Cette division du travail crée du lien social et intègre les individus car elle les rend solidaires. A telle division du travail, telle solidarité. Ce qui caractérise les sociétés modernes, c'est un paradoxe, susceptible de les fragiliser : avec la division croissante du travail l'individualisme s'accroît. Or si les gens sont individualistes comment peuvent-ils être solidaires ? Comment éviter la fragilisation du lien social due à cet individualisme ? La division du travail entraîne du lien social.La division sociale du travail.Doc. 11 p. 206 : La division du travail consiste à répartir les fonctions des individus dans la société, et donc à créer une interdépendance entre ces individus qui repose sur la différenciation et la complémentarité. La division sociale du travail suppose une conscience commune, une interaction et des buts communs. De la solidarité mécanique à la solidarité organique.Durkheim relie une forme de division du travail à une forme de solidarité. La division du travail dans les sociétés traditionnelles crée une forme de solidarité : la solidarité mécanique. De nos jours, les sociétés modernes connaissent une autre forme de division du travail source de solidarité organique (doc. Bleu p.207). La solidarité organique se caractérise par la dissemblance et la complémentarité entre les individus, une émancipation de l'individu face au groupe dont le poids devient très faible car l'individu pense par lui-même (doc.3 du polycopié). Par contre dans les sociétés primitives, la solidarité mécanique se caractérise par l'importance du groupe et la conscience collective des individus. Dans ces sociétés, la pire des punitions est d'être exclu du groupe : l'isolement. La cohésion sociale s'accommode de la montée de l'individualisme.Il faut différencier l'individualisme universaliste et l'individualisme particulariste. L'individualisme universaliste.Pour Adam Smith le lien social est économique et par la division du travail on en arrive à un individualisme particulariste (on cherche à satisfaire ses propres intérêts sans se soucier de ceux des autres : doc. 4) mais cela n'est pas dangereux car le marché fait la synthèse et assure la cohésion. Pour Durkheim, l'individualisme particulariste est dangereux car il est synonyme d'égoïsme et donc il peut nuire au lien social. La division sociale du travail n'est pas dangereuse si elle engendre un individualisme universaliste : "reconnaissance de la liberté individuelle sous réserve que les actes qui en découlent puissent être généralisés à tous les autres individus sans nuire au bien commun" (doc.4, L. Roussel) Le risque d'anomie et le double rôle des corporations professionnelles.Durkheim essaie de comprendre le suicide par l'état de la société. C'est ce qu'il appelle le "suicide anomique" (p.207) : la division du travail peut devenir excessive et à ce moment là l'individu perd ses repères, il n'arrive plus à s'intégrer à un système de valeurs en rupture avec la réalité. L'individu ne respecte plus la société. Il est en situation d'anomie et plus rien ne l'attache à la société. Ce qui préoccupe Durkheim c'est l'unité de la société. A partir du moment où la division du travail peut devenir anomique alors les autres institutions (famille, école ) doivent avoir un rôle important sinon la société sera en crise sociale (= pas de solidarité). Pour protéger l'individu contre une division du travail qui pourrait devenir excessive, anomique, il existe dans le monde du travail des organisations professionnelles (syndicats, corporations ) pour protéger l'individu. Elles ont 2 rôles (doc.11 p.206) :
conclusion : Durkheim considérait que la division du travail permettait l'éclosion de l'individualisme (au sens d'une valorisation de la personne humaine) sans pour autant que la société ne se dissolve. La division du travail entraîne de l'individualisme qui, tant qu'il est universaliste, n'engendre pas exclusion mais au contraire de la solidarité surtout lorsqu'en plus il y a d'autres instances qui protégent l'individu : école, État, corporation, syndicat En quoi le travail produit-il aujourd'hui du lien social ?Les fonctions du travail.Doc.4 bis du polycopié : Le travail remplit trois fonctions :
par ces fonctions, on peut dire que le travail est le grand intégrateur. Le travail devenu emploi offre une sécurité alternative à la propriété.Robert CASTEL (sociologue, Les Métamorphoses de la question sociale.) : Il essaie de comprendre le problème de la société salariale aujourd'hui. Pour cela il prend une perspective historique : Dans la société d'Ancien Régime, la sécurité que pouvait envisager une personne était proportionnelle à sa richesse, sa propriété. Les personnes qui avaient du bien matériel pouvaient envisager le futur avec sérénité, mais toutes les personnes qui avaient pour seule ressource leur force de travail étaient très insécurisées car si elles tombaient malade ou autre, elles ne pouvaient plus assurer leur devenir. Au XX éme siècle, avec l'essor de l'État providence, ce rapport à la sécurité va se transformer car on va créer une propriété sociale et développer la notion d'emploi. L'emploi, c'est le fait d'avoir un travail qui donne droit à la protection sociale, c'est-à-dire que même si la personne tombe malade ou a un accident son futur est assuré. Lorsqu'on parle d'emploi, il faut penser emploi typique : congés payés, CDI, droit syndical, protection sociale La sécurité sociale est liée à l'essor de l'État et aux conflits, grèves et revendications. C'est ce qui fait que le travail est devenu emploi. Cette transformation s'est accompagnée de l'essor d'une forme de solidarité : la solidarité nationale, qui garantit des ressources aux individus placés dans des circonstances particulières (maladie, accident, chômage, maternité, famille, retraite). L'essor de l'État providence et de la protection sociale s'est fait durant les Trente Glorieuses. Des critiques sont cependant faites à ce système : le fait de faire des gens des assistés, certains veulent remplacer le Wellfare par le Workfare. (voire T. Blair au Royaume Uni). Crise de l'emploi et mise en cause du rôle du travail comme facteur d'intégration.Avec les Trente, l'emploi devient le facteur d'intégration social principal. Mais si l'emploi diminue (hausse du chômage massif : en France, 3 millions ; augmentation du travail précaire : emplois atypiques, perte de sécurité ) alors cela pose problème pour l'intégration sociale. R. CASTEL : Cette crise de l'emploi pose un problème de solidarité qui se manifeste de trois façons différentes (doc. 6 du polycopié) :
Lorsqu'on a plus d'emploi, il y a risque d'exclusion sociale, surtout si l'individu n'a pas d'amis, de famille La personne se retrouve seule. (voir le mécanisme de désaffiliation) D.MEDA : Est-ce que le lien social ne repose que sur l'emploi ?
Y. BRESSON : Il a développé ainsi que d'autres sociologues, l'idée d'une allocation universelle. Il a calculé que l'on pourrait donner 1500FF/mois à chaque citoyen. Ce revenu assurerait les besoins primaires et permettrait aux individus de s'intéresser à d'autres choses afin de créer d'autres liens entre eux que ceux du travail, en exploitant leurs centres d'intérêt (politique, art )
On s'est intéressé à la relation entre travail et lien social. Le passage du travail à l'emploi a augmenté la sécurité mais avec la crise de l'emploi, la solidarité est en danger. Cependant il existe d'autres institutions qui protégent l'individu. La mise en uvre du lien social : affaiblissement ou renforcement des instances d'intégration?En quoi la famille produit-elle du lien social aujourd'hui ?La famille et le lien social : retour à Durkheim.Doc. 1 du polycopié : Pour Durkheim, la famille est une instance d'intégration. Par le biais de la socialisation, la famille, qui est une institution (cours de 1ére), transmet toutes les valeurs et les règles nécessaires pour apprendre à vivre en société. La famille est la cellule de base. Dans son analyse du suicide, Durkheim dit que la famille protège : le taux de suicide (suicide égoïste) est plus important dans les familles divorcées et chez les célibataires (en distance avec la famille). Lorsque la famille est en crise, l'individu est en désarroi et augmente ses "chances" de suicide. Durkheim soutient que la famille protége et intègre l'individu à la société. Cependant Durkheim a toujours pensé que, comme structure d'intégration, l'école est plus importante car la famille est "polluée" par les sentiments, le psychologique y est trop important. Depuis les années 70, la famille connaît des transformations importantes. Est-ce que cela remet en cause la fonction d'intégration de la famille ? Les transformations de l'institution et les interprétations.Les transformations récentes de l'institution familiale.Doc. 1 p.220 : Depuis les années 70, nous assistons à une transformation du modèle familial. Aujourd'hui, la famille se caractérise par : la cohabitation (baisse du mariage), 1/3 des mariés divorcent, augmentation du nombre de ménages isolés (personne seule), du nombre de familles monoparentales, de familles recomposées, baisse de la fécondité . Doc. 2 p.234 : L'effet de calendrier : Tout se fait de plus en plus tard et risque de ne plus se faire. Le prolongement des études et la venue plus tardive du premier emploi font que les événements familiaux sont retardés. Les jeunes restent de plus en plus longtemps chez leurs parents. L'émancipation est plus tardive donc le mariage aussi . Les interprétationsDoc. 2 p.220 : L. ROUSSEL : La désinstitutionnalisation : De plus en plus, les individus cherchent à privatiser leur vie familiale. Pendant très longtemps, la société a codifié les actes familiaux : pour vivre ensemble il faut être marié, pour avoir des enfants aussi, pour se séparer il fallait une faute grave Aujourd'hui, le choix de se marier ou non devient une question de conscience personnelle et le concubinage est une redéfinition de l'alliance comme un pacte purement privé. "La situation actuelle témoigne donc à la fois d'une moindre dépendance mutuelle des conjoints, d'une plus grande liberté sociale et d'une exigence accrue à l'égard de l'union dans la recherche du bonheur." DE SINGLY : La logique de l'acteur : Si on cherche à comprendre le divorce, il serait lié paradoxalement à une logique affective plus qu'à une logique d'intérêt (depuis 1975 : divorce par consentement mutuel). Ces transformations familiales mettent en évidence l'essor de l'individualisme, l'émancipation des individus et la recherche d'une plus grande liberté. Les gens cherchent à former un modèle familial personnel. Est-ce que cela remet en cause le lien social ? Le rôle de la famille dans la protection de l'individu ? Les transformations menacent-elles le lien social ?Tout se passe comme si les individus cherchaient à sémanciper de la famille ( qui pèse). Ex : problème dinsertion professionnelle ou d'échec scolaire : si lindividu est proche de sa famille, il est tout de même protégé. Mais si lindividu prend trop de distance par rapport à sa famille, elle ne protège plus. Si tout se passe bien pour lindividu, lémancipation est réussie. Mais s'il rencontre des problèmes dinsertion, cela peut se retourner contre lui : c'est l'effet pervers de cette distance prise par rapport à la famille Par certains côtés, oui :
Doc. 8 p 225 q 14 + doc. 3 P2 : On devient adulte de plus en plus tard à cause de l'effet de calendrier. I. THERY (sociologue) : Pour devenir adulte, il y a certains " rites de passage " : Il faut vivre en couple ou tout du moins en dehors de la famille et avoir un emploi. C'est à dire que l'on doit être capable d'assumer une indépendance affective et financière. Aujourdhui, il y a un retard de passage à l " âge adulte" car les études sont plus longues et l'insertion professionnelle plus difficile. Il y a une sorte de malaise, car les jeunes de 20-26 ans sont toujours chez leurs parents, mais sans y être : Ils ne sont pas vraiment indépendants puisque les parents assurent le financier. Ils ne sont donc pas autonomes et se déclarent pourtant adultes pour ce qui est des décisions etc. Tout jeune vit cette situation où il a envie de sémanciper et dêtre indépendant, mais ne il ne le peut pas, car il est dépendant financièrement. Problème pour le lien social chez les jeunes : cette dépendance et lassistance des parents peuvent entraîner le retrait politique. Les jeunes sont désintéressés : distance avec la société. Cela constitue un danger pour la citoyenneté. Il faut ajouter que la gestion familiale de ce passage à l'âge adulte est inégalement répartie dans la population. Dans les ménages pauvres, les parents nont pas les moyens pour subvenir à l'ensemble des besoins du jeune dans cette période ( ils ne peuvent pas assurer financièrement). Dans les familles plus aisées, cela est plus simple (les jeunes reçoivent une aide plus importante et plus régulière de leurs parents).
Doc. 3,4,5 p.221 : La séparation du couple peut être dramatique. Si on regarde les populations qui touchent le RMI, on constate que les familles monoparentales y sont sur représentées( le divorce est une cause importante de monoparentalité). En 1997, les familles monoparentales représentent 21 % RMIstes (sur représentation). De même, ce sont les célibataires (personnes qui souvent vivent seules) qui sont les plus touchées. Le lien entre la monoparentalité et la pauvreté est le suivant : Le modèle familial traditionnel se construit avec la femme, qui soccupe des enfants, fait la cuisine et lhomme, qui travaille et assure les revenus. Donc, quand un couple se sépare, la mère de famille ne peut plus compter sur son mari pour assurer le revenu. Elle vit avec les allocations que lui donne lÉtat (API) et celles-ci sont insuffisantes pour elle et ses enfants : Le divorce est une cause importante de désinsertion sociale. Socialement, le risque est inégalement réparti. En effet, si la femme appartient à un milieu social aisé, elle peut bénéficier de laide financière de ses parents. De même l'accès aux études et à l'emploi, l'intensité des liens familiaux avec la famille et la belle famille protègent. On retrouve lidée que la famille protège et quand elle est en crise, il y a risque de rupture du lien social.
Doc. 6p.223 : Sil
ny avait pas de solidarité publique (allocations,
retraites), il ny aurait pas de solidarité privée (
ex : aide des parents aux enfants). La remise en cause du
système de retraite risque dêtre un facteur de crise
sociale car cela signifie la remise en cause de la solidarité
privée. En effet, si aujourdhui les grands-parents
soccupent beaucoup de leurs petits enfants, c'est parce que
leurs besoins financiers sont assurés par lEtat. La
solidarité privée sappuie sur la protection sociale. Par dautres côtés, non :
Doc. 7 p .224 : Malgré les transformations qui affectent la famille, la famille parentèle garde un grand dynamisme. L'entraide entre générations y est de plus en plus importante (dons dargent ou échanges de services).
En quoi lécole produit-elle aujourdhui du lien social ?Lécole est un facteur dintégration sociale retour à Durkheim-.Lécole a une fonction de socialisation.Doc. 18 p. 233 : La socialisation se fait par l'intermédiaire de l'école qui va inculquer aux individus des valeurs, des règles et des comportements communs pour en faire des individus semblables. Ainsi il est plus facile pour eux de vivre ensemble, en société puisqu'ils ont été coulés dans le même moule. Préparer les gens à bien vivre en société est aujourdhui essentiel. Ex : Dans les banlieues difficiles, les collèges dans les ZEP ont pour rôle de remettre les jeunes dans le droit chemin, leur apprendre ce que c'est que vivre en société. Lécole a une fonction déducation .Au moment où lécole devient obligatoire ( 1884), la Nation française se construit. La société est traversée par des particularismes ethniques notamment. Il ny a donc ni valeurs communes, ni langue commune : pas dunité. La tâche donnée à lécole est donc de faire que tous deviennent des citoyens français, qui partagent les mêmes valeurs (celles de la République) et la même langue. Ex : La laïcité est le respect de toutes les religions, le fait de les considérer toutes comme égales et donc aucune d'elles n'a le droit d'être présentée comme plus importante sur la place publique. En 1905, l'Etat est séparé de la religion. Mais dans la vie privée, les gens possèdent la liberté de culte. Lindividu devient un citoyen dégagé, libéré de ses attaches traditionnelles (religion, langue). Lécole est publique et laïque. Doc. 2 P3 : Cette fonction dintégration de lécole (école laïque ) a bien fonctionné pour les étrangers : elle a su globalement les intégrer (production de lien social). Le modèle d'intégration français est individualiste : prise de distance des individus par rapport à leur communauté, leur particularismes leur appartenance culturelle. D'autres pays, comme les États Unis ont choisi un modèle multiculturaliste : intégrer les communautés ethniques et culturelles, plutôt que les individus. Aujourd'hui, ce rôle est essentiel mais contesté.A aucun moment Durkheim ne s'est demandé si l'école donnait des chances égales à tout le monde. Il a oublié la dimension démocratique de lécole. Dans lanalyse de Durkheim, cette question na pas été abordée, car la question ne venait pas à lesprit des gens à cette époque. Jusquaux années 60, l'école était fondamentalement inégalitaire (BOURDIEU, Les Héritiers) : la réussite était liée aux privilèges hérités du milieu social. Cette inégalité était vécue comme juste car ce nétait pas le fait de lécole. La société triait en amont : tout le monde allait à l'école primaire mais seuls les meilleurs du certificat d'étude allaient au lycée : la sélection était rude. Seuls ceux qui réussissaient le lycée avaient des fonctions importantes. Or, aujourd'hui, tout le monde va au lycée et en attend des diplômes et par conséquent un travail. Aujourd'hui, avec l'échec scolaire, on parle d'école inégalitaire. Lécole cristallise dénormes attentes en terme de mobilité sociale.Sous Durkheim, l'école n'avait pas pour rôle la mobilité sociale. Aujourdhui, on se sert de lécole pour gravir les échelons de la hiérarchie sociale. Doc. 3 P4 : A partir des années 60, l'école connaît de grandes transformations. Une des plus importantes : 1975 : le collège unique. On considère que tout le monde peut aller au collège. Donc, chacun va intérioriser lidée que tout le monde peut obtenir des diplômes et par conséquent que tout le monde a une chance de réussite et donc de mobilité sociale. 1985 : M. Chevènement, ministre de l'éducation nationale, déclare que 80% des élèves d'une génération auront le bac. On donne petit à petit la possibilité à tous les milieux sociaux de réussir sur le plan scolaire. Mais l'ouverture du système scolaire (qui va permettre la mobilité sociale) fait que tout les problèmes qui existaient dans la société se retrouvent dans lécole ( inégalités entre milieu aisé / défavorisé, personnes en échec scolaire). Les diplômes prennent une grande importance pour l'insertion dans le monde du travail Doc. 4 P4 : Lécole est facteur dintégration, de lien et de mobilité sociale, car elle participe au triptyque : diplôme, emploi, salaire (clé de l'intégration). Mais à ce titre, lécole est une école inégalitaire et "injuste".Doc. 5 P4 : Avant les années 60, les inégalités restaient aux portes de lécole puisqu'elle était élitiste. Mais aujourd'hui, la société ne trie plus, donc les inégalités se retrouvent dans l'école. A parti de ce moment là, les attentes des jeunes sont difficiles car ils attendent de l'école les diplômes qui vont leur permettre de s'en sortir. Le fait que lécole narrive pas à résoudre les inégalités est vécu comme une injustice ( les fils de cadres réussissent mieux que les fils douvriers) HIRSCHMANN : Dans l'esprit des gens, l'école participe à l'égalité des chances. Elle doit permettre à tout le monde de réussir. Lorsque ce n'est pas le cas et que l'école connaît des inégalités, les gens sont déçus et se révoltent. Le sentiment de déception est particulièrement fort pour les "biens publics". L'école n'arrive plus vraiment à remplir son rôle d'intégration (le diplôme ne protége plus du chômage) et n'est pas égalitaire (son fonctionnement est très critiqué). Conclusion : Aujourd'hui l'école n'a plus vraiment sa place dans la société. On parle de "guerres scolaires". Ces conflits touchent tout le monde (lycéens, enseignants, ). Notamment, selon F. Dubet, les enseignants sont placés devant un dilemme déstabilisant : d'une part, ils sont attachés à l'universalisme républicain ; d'autre part, ils prennent conscience des différences empiriques sur le terrain (tentation de l'ethnicisation des rapports sociaux). Comment gérer cela ? En quoi lÉtat participe-t-il à la cohésion sociale ?Analyser le rôle de lÉtat dans la cohésion sociale peut se faire de 2 façons :
La France : un modèle dintégration originalLÉtat Nation
Lintégration individuelleDoc. 2 P5 En France, on est passé dun modèle dassimilation (l'étranger doit adopter seulement la culture française) à un modèle dintégration (coexistence de différentes cultures). On ne demande pas à lindividu dabandonner sa culture (au contraire de l'assimilation), mais en même temps, on ne se sert pas de sa culture pour l'intégrer. Le processus mis en uvre en France pour l'intégration individuelle répond aux principes de la République :
Une intégration relativement réussie mais
aujourdhui menacée.
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| Modèle français |
intégration | Liberté (laïcité) |
Egalité (universalisme) |
| Modèle multiculturaliste anglo-saxon |
Revendications ethniques |
Différences socioculturelles | Equité |
Ex : les ZEP : Dans le système éducatif français on pense qu'il y a des zones qui ont plus de besoins et donc l État va mettre plus de moyens à leur disposition (contraire au principe dégalité, cela devient un principe déquité).
Doc. 7 : Intégration à la Française : Dans la tradition française, on senrichit de la diversité : intégration comme métissage, on ne veut pas dassimilation forcée.
Doc. 8 : problème du foulard. Le port du voile nest pas interdit, à condition quil ne se fasse pas dans un lieu public.. Problème car cela nuit à la liberté dexpression de lindividu, mais si on accepte alors c'est la laïcité qui est menacée.
Doc. 9 : Position de SOS Racisme : SOS Racisme a rendu politique une notion qui ne létait pas, la notion de différence. Les gens sont différents, mais la différence est enrichissante, il faut laccepter, cest un facteur de métissage.
Mais Dubet précise que le mot " différence " peut sinterpréter différemment et avoir un côté négatif. Par exemple, elle peut signifier une sorte de repli identitaire, et donc un éloignement de lautre, cette revendication de la différence peut donc être dangereuse.
Conclusion : L' État participe au lien social par un modèle d'intégration particulier (intégration individuelle et non communautaire). Cela procède d'une certaine conception de la Nation. Ce modèle a plutôt bien marché : le lien social est important. Cependant, par plusieurs aspects, ce modèle est remis en cause, car, aujourd'hui, on assiste à une affirmation de la communauté et non plus de l'individu. Ce phénomène peut entraîner du racisme, de la xénophobie. Quel peut-être alors le rôle de l'État ? Il reconnaît aujourd'hui des critères ethniques pour mener sa politique (remise en cause de la tradition héritée de la Révolution française de 1789). De nos jours l'intégration individuelle connaît des limites. Le multiculturalisme est-il un facteur qui va consolider ou menacer le lien social ?
Notes de cours proposées par Ismaelle et Hélène - 703 - année scolaire 1999/2000
© ch. Feytout - Lycée Sud Médoc - 2000 : la diffusion de cet article est protégée par la licence LLDL-v1, Licence de Libre Diffusion des Documents, http://pauillac.inria.fr/~lang/licence/v1/lldd.html
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