|
| |
Tout
dabord, on peut voir quil ny a pas un, mais
plusieurs modèles dEtat-providence. Il faut donc
létudier avec une approche internationale pour le
comprendre. Ensuite, nous verrons que lEtat-Providence est
actuellement en crise ( même si pour la première fois depuis 25
ans, la sécurité
sociale est excédentaire sur l'année 1999). Puis, dans
un troisième temps, nous montrerons que par rapport à la crise
de lEtat-Providence, lEtat va mettre en place de
nouvelles formes de régulation.
Quest-ce
que lEtat-Providence ? En quoi est-il un modèle
différent en France ?
-
-
-
LEtat
" instituteur du
social ".
Doc.
1 :
Durkheim
dit que lEtat est l " instituteur du
social ". Il veut dire par-là que
lEtat a les moyens détablir des règles dans
différents domaines (voir dans tous) notamment dans le domaine
social ; qui ont pour fonction de faire face à lanomie et
à lindividualisme égoïste (ou particulariste). Durkheim
a donc une vision de lEtat très valorisante, il considère
quil a un rôle très important dans le fonctionnement de
la société : LEtat est un lieu où on réfléchit et où
on va dire ce qui est bon ou pas pour la société. Cette analyse
que Durkheim fait du rôle de lEtat peut être considérée
comme à lorigine du système social français :
lEtat- Providence.
-
-
-
La
protection sociale entre
Assurance, Solidarité, et
Assistance.
-
-
La protection sociale est
un système
dassurances
Doc.
1 p 368 :
Ce
système dassurances, cette protection sociale, est né avec
le passage du travail à lemploi ( Robert Castel, cf. cours sur
changement social et solidarités) : Le fait
davoir un emploi, cest le fait davoir un
travail qui engendre une sécurité face aux différents risques
(accidents du travail, chômage
). Ces risques sont tout
dabord ceux du monde du travail (1898 : le premier
risque assuré est laccident de travail) , puis ils
sétendent de plus en plus à la vie sociale.
Cette
protection sociale va se développer par profession,
cest-à-dire que selon les secteurs, la protection sociale
avance plus vite qu'ailleurs (cheminots, mineurs, plus vite que
chez les agriculteurs). Elle va impliquer que lindividu
cotise à une caisse ; il sagit d'un système de
redistribution, c'est-à-dire que lindividu cotise auprès
d'une caisse (entreprise ou groupe d'entreprises) et l'argent est
ensuite distribué selon les besoins de chacun.
Remarque :
Il ne faut pas confondre les notions de protection sociale et de
sécurité sociale.
La protection
sociale est un système dassurances plus
large et plus complet que la sécurité sociale. En effet, à la sécurité
sociale, il ny a que 3 caisses :
maladie, vieillesse, et famille, alors que la protection sociale
prend en charge dautres risques, tels que lUNEDIC
(risques du chômage), les régimes complémentaires (pour les
retraites, quand le régime principal ne suffit pas), ou encore laide
sociale (RMI : Pas besoin de cotiser pour
y avoir droit) et les régimes dassurances complémentaires
(mutuelles...).
La
protection sociale peut être associée à lidée de solidarité (mécanique
ou organique : Durkheim)
Léon
Bourgeois : courant "le
solidarisme" (aussi un peu à l'origine de l'Etat-providence) : Au XIX e siècle, il considérait que
lindividu dans une société avait des obligations. En
effet, à partir du moment où lon est citoyen dun
pays, on est débiteur de la société, de tout ce qu'elle
apporte à l'individu donc on a une dette face à cette
société. Lindividu doit donc être solidaire avec les
autres. Ex : je cotise toute ma vie : cest ma
dette ; si je ne suis pas malade alors cela ne me profite
pas mais j'aide l'autre ( = solidarité organique).
-
-
-
-
-
-
Lassurance ne
signifie pas
nécessairement
solidarité.
Doc.
2 : Exemple des retraites : leur financement
peut se faire de 2 façons :
- Système
par répartition : les actifs
daujourdhui financent les retraités
daujourd'hui. Cest une forme de solidarité
importante. Et en même temps, cest un droit sur
mon futur, cela me donne lassurance que je pourrai
percevoir ma retraite. Le problème de ce système
aujourdhui est le problème du vieillissement de la
population. En effet, la population active augmente de
moins en moins vite et il y a de plus en plus de
retraités.
- Système
par capitalisation : cest un
système dassurance individuelle. Chaque individu
se crée sa propre retraite. Des problèmes peuvent
apparaître lorsqu'un individu, ne gagnant pas assez
dargent, ne peut rien mettre de côté.
Dans
les 2 cas, il sagit d'un système de protection sociale.
Dans le premier cas, c'est la solidarité qui fonctionne alors
que dans le deuxième, c'est un système d'assurance
individuelle.
-
-
-
-
-
-
-
La solidarité
nimplique pas
nécessairement
lassurance.
Doc.
3 : Il existe des minima sociaux pour aider les
personnes les plus pauvres. Laide sociale est une forme d'assistance. Ex du
RMI : Quiconque vivant en France et ayant moins de 2552,35
FF de revenu au 1/1/2000 et étant âgé de plus de 25 ans,
percevra cette aide. Il ne faut pas cotiser pour la recevoir.
-
-
-
-
-
-
-
Il est nécessaire
également de distinguer
assurance et assistance.
Doc.
3 p 370 : Le principe de redistribution se fait de
deux façons :
- L'assurance
: Il faut cotiser pour y avoir droit (chômage,
retraite, maladie). Financement par la cotisation sociale
- L'assistance
: Il n'est pas obligatoire de cotiser pour y avoir droit
(RMI). Financement par l'impôt
L'Etat-providence
français procède des deux systèmes.
Doc.
4 polycopié : Cette distinction entre assurance
et solidarité est aujourdhui un formidable enjeu pour la
solidarité. Dans notre système, lemploi signifie travail.
A partir du moment où lon a un travail, on cotise et cette
cotisation nous donne droit à lassurance et à être
protégé. Mais, avec la crise de lemploi, cette relation
ne marche plus. Il faut donc trouver un nouveau système
daide. Cest ce que lon tente de faire avec la
CMU (couverture médicale universelle) depuis 1999 : cette
logique dassistance considère que les personnes, cotisant
ou pas, doivent être soignées.
Doc.
6 p 372 et doc. 1 p 368
Doc.
5 polycopié : Il y a trois modèles dEtat
Providence :
- Le
modèle Beveridge (Royaume-Uni).
Cest un système universaliste, qui sappuie
sur la logique de lassistance. Donc, tout le monde
y a droit, que lon ait cotisé ou pas. En
Angleterre, la médecine libérale nexiste pas. Les
médecins sont des fonctionnaires. Il ny a donc pas
de concurrence, mais de longues files dattente. En
revanche, un des gros avantages est que le prix de la
consultation est très faible. Ce système sappuie
sur les 3U : Universalisme,
Uniformité, et Unité.
- Le
modèle bismarckien (Allemagne). Il est
basé uniquement sur lassurance, sappuyant
sur lemploi. Les actifs bénéficient dune
certaine sécurité. Il nexiste pas daides
sociales (pas dassistance)
- Le
modèle anglo-saxon (modèle japonais et
américain). On considère que cest le marché qui
doit protéger les individus. A partir du moment où
lon a des revenus, on peut se payer des assurances.
Si on ne possède pas de revenus, on peu encore
bénéficier des solidarités communautaires (familiales
). Si on est vraiment démuni, on peut bénéficier
dun système de protection, pris en charge par
lEtat : il y a un système dassurance
(assurance minimum contre le chômage, la vieillesse,
mais pas la maladie). Il y a également un dispositif
pour la maladie appelé Medicaid, qui concerne les plus
pauvres (système daides aux familles
défavorisées : enfant handicapé, famille
monoparentale, aveugles, invalides
)
| |
Modèle
"bismarckien"
|
Modèle
"béveridgien"
|
Nature
du risque
|
Perte
de revenu
|
Principe
universaliste
|
Objectif
|
Assurer
un revenu de remplacement
|
Assurer
un minimum vital
|
Conditions
d'accès aux prestations
|
Appartenance
professionnelle et exercice professionnel présent ou
passé
|
Existence
du besoin
|
Type
de prestation
|
Contributive
(pour y avoir droit, il faut cotiser)
|
Non
contributive
|
Cotisations
|
Proportionnelle
au revenu
|
Uniforme
|
Financement
|
Cotisations
|
Impôts pour tous (même si les
gens ne travaillent pas)
|
Nature de la redistribution
|
Horizontale
(les bien portants paient pour les malades) |
Verticale
(des riches vers les pauvres) |
Le modèle français entre Bismarck et Beveridge.
Question
13 p 372 :
Le
modèle français est situé entre le modèle allemand et le
modèle anglais.
- Ressemblances
avec le modèle bismarckien (allemand). Le modèle
français est surtout bismarckien :
- Un
système de protection sociale qui fonctionne
essentiellement avec des assurances, à savoir que ce
sont ceux qui ont cotisés qui perçoivent des
prestations (= prestations contributives).
L'attribution des prestations sociales est
directement liée à la position dans l'emploi. (Doc.
7 p.373)
- De
plus, comme en Allemagne, ce sont surtout les
cotisations patronales qui financent la protection
sociale. En effet, elles en représentaient la
moitié en 1993.
- Ressemblances
avec le modèle béveridgien ( Royaume-Uni) :
- En
France, il y a un cercle relatif à laide
sociale dans la protection sociale : existence de
nombreux minima sociaux financés par l'impôt (RMI).
- Aujourdhui,
limpôt finance tout de même 1/5 de la
protection sociale. Cela tient à une logique
universaliste : Puisque tout le monde en profite,
tout le monde doit participer au financement. Il y a
également le souci de plus en plus fort d'alléger
les charges sociales.
Le
modèle français est donc situé entre le modèle allemand et le
modèle anglais, mais on peut dire que linfluence
bismarckienne est plus forte. (Voir doc. 6 p.372)
Le
modèle français a trois caractéristiques
(doc. 6 du polycopié) :
- Il
est catégoriel (la
protection sociale sest construite par professions
puis petit à petit le système a été unifié) : au nom
de l'universalité, l'Etat providence définit des
catégories d'ayants droit pour asseoir ses intentions
(Dans le cadre de lEtat Providence, on va cibler
des populations particulières pour accorder laide
sociale : rôle des travailleurs sociaux. Par exemple, le
RMI cible les personnes dont le revenu est inférieur à
2500 FF par mois). Ainsi les prestations ne sont pas
fonction des situations réelles et particulières. Le
système français ne prévoit donc pas une
individualisation des aides. On peut trouver que ce
modèle a un effet pervers : On demande à l'individu de
faire la preuve qu'il appartient à une catégorie. On
n'aide pas un individu mais un groupe.
- Il
est centralisé et unifié
: "Il est impensable de prendre le risque dune
inégalité territoriale de traitement des citoyens en
laissant les collectivités territoriales définir
elles-mêmes les catégories dayants droit et les
modalités de lintervention". La
décentralisation na rien changé à cette logique.
Dans la tradition française, la sécurité sociale
était gérée au niveau national, ensuite il y a eu la
décentralisation mais les traitements se font toujours
au niveau national pour éviter les disparités
régionales.
- La
protection sociale s'appuie sur le principe
de justice commutative : principe
d'universalisme, d'égalité. Chacun reçoit selon son
apport ( différent de " selon son
besoin ").
Les 3 crises de ce modèle.
Le
système de protection sociale débute ses difficultés à partir
des années 70. On distingue 3 types de crise : une crise financière, une crise
defficacité ( est-ce que
lEtat Providence atteint ses objectifs ?), et une
crise de légitimité ( est-ce que
lEtat Providence est justifié ? question plus grave).
P
374-375 :
Doc.
9 : Les cotisations et prestations sociales
augmentent, donc le budget de la protection sociale augmente. En
1996, les prestations sociales de la France représentent 1/3 du
PIB. Mais on remarque que la part des prestations sociales dans
le PIB est plus importante que la part des cotisations sociales,
ce qui signifie que les dépenses sont supérieures aux recettes,
doù le creusement du déficit. Pour résoudre ces
problèmes de financement, l'Etat est obligé de financer par
l'impôt.
Doc.
10 : Les prestations sociales ont connu une
forte croissance. Elles étaient évaluées à un peu moins de
1000 milliards de FF en 1995. Les prestations vieillesse ont une
augmentation régulière et importante. En 1995, elles
représentaient 50 % des prestations sociales. La part du
chômage et des versements RMI augmente aussi. Le reste est
relativement stable.
Doc.
11 : Les déficits sociaux sont de plus en plus
difficiles à résorber.
Doc.
7 polycopié :

- :
Lorsqu'il y a crise économique, davantage de population
à besoin d'aide de l'Etat. Celui-ci sert d'amortisseur
de crise en protégeant les individus contre les effets
négatifs de la crise.
- :
Si le nombre de médecins augmente alors le nombre de
consultations et d'ordonnances augmente.
- :
Lorsque le chômage augmente, la population active
occupée progresse moins vite et donc la croissance des
cotisations salariales ralentit.
- :
Lorsque les revenus augmentent, les ménages consacrent
une part de plus en plus importante aux services dont la
santé (cf la loi d'Engel)
- :
Les personnes très âgées sont de plus en plus
nombreuses et elles ont une consommation médicale très
importante.
- :
La population qui arrive à l'âge de la retraite est de
plus en plus importante (générations du baby-boom),
elle bénificie de plus de taux pleins. Donc le montant
des prestations de retraite augmente.
Docs
12,13 p 376-377 :
La
protection sociale a pour fonction dassurer mais aussi de
lutter contre la pauvreté. Depuis 1945 : mise en place de
politiques pour aider les gens en difficulté (aides sociales).
Cf.
Les exclus, R Lenoir : Malgré les 30 Glorieuses et la
croissance, il y a toujours de la pauvreté. L'auteur parle de
pauvreté endémique (pauvreté qui se transmet de génération
en génération).
On
peut alors se demander si la protection sociale est vraiment
efficace ?
Doc.
12 p 376 : Réapparition de la pauvreté : elle
n'a pas disparue et a tendance à s'accentuer alors qu'il y a la
protection sociale. A la fin des années 80, il y a 52 millions
de pauvres dans lUE. En France, il y a 3,5 millions
d'allocataires du RMI.
Non
seulement la pauvreté persiste, mais en plus, elle se renouvelle
et change de nature: les jeunes remplacent les personnes âgées
chez les pauvres ; les familles monoparentales et les ménages
isolés remplacent les familles nombreuses.
Malgré
les politiques et le dynamisme des gouvernements, la pauvreté
subsiste. Pourquoi ?
Depuis
la crise économique, les mécanismes dexclusion et de
désaffiliation sont de plus en plus forts du fait de la
modification de la structure familiale, les difficultés de
logements, le chômage, la santé
Les difficultés
augmentent et se cumulent. Ces processus existent depuis la crise
bien que la protection sociale existe et fonctionne. On en
déduit donc un mauvais fonctionnement du système. Cela donne
naissance, par la force des choses, à de nouveaux dispositifs :
le SAMU social, les Restos du Cur, Emmaüs
Ce sont
des associations créées dans le but d'aider les personnes qui
échappent à la protection. (Loi Aubry 99 contre l'exclusion).
Mais,
le problème le plus fondamental est celui de lintégration
pour les personnes qui échappent à la protection sociale. Cette
crise defficacité de la protection sociale nest-
elle pas également une crise du lien social ?
Doc.
14 p 377 : Structure du revenu de différents
types de ménages : Comment se répartissent les revenus
indirects ?
Quand il y a un chômeur
ou plus dans un ménage, les revenus indirects représentent 60%
du revenu du ménage dasn 20 % des cas. Donc, l'essentiel de leur
revenu sont des prestations sociales. Ces ménages sont
dépendants, voire assistés.
La
protection sociale repose essentiellement sur l'emploi. La crise
de lemploi met donc en danger la protection sociale,
puisquil y a des personnes qui sont de moins en moins
protégées. Ainsi, quand on a mis en place la CMU (la Couverture
Maladie Universelle) en 1999 pour donner laccès à tous à
la santé, 150 000 personnes échappaient à tout dispositif de
protection. Dassuré social, on passe alors à un statut
dassisté social. Cette situation dassistance pose un
problème (la protection nest plus ainsi basée sur un
principe de réciprocité mais sur celui de la dépendance ).
Cela ne risque-t-il pas dentraîner un relâchement de
lengagement citoyen ?
Doc.
9 polycopié :
Cette
crise a 3 dimensions :
- La
protection sociale ne marche pas, car elle profite à
ceux qui en ont le moins besoin, les plus favorisés.
Ex :
la consommation médicale. Plus on descend dans la
hiérarchie sociale, plus la consommation médicale est
une consommation de guérison. A contrario, chez les
cadres, il sagit dune consommation de
prévention pour éviter dêtre malade. Ils vont
donc chez le médecin plus souvent, et en même temps, on
remarque quils ont plutôt tendance à aller voir
des spécialistes que des généralistes. Les actes de
santé sont remboursés à 70% par la sécurité sociale
quelque soit l'emploi de la personne. Ce système de
protection sociale profite donc aux catégories sociales
privilégiées. Lobjectif de réduction des
inégalités est mis en cause de fait.
Problème
du prélèvement.
Les
prélèvements obligatoires sont constitués des impôts
( indirects : TVA, et directs : impôts sur le
revenu, impôts locaux et CSG ) et des cotisations
sociales ( patronales et salariales). La protection
sociale cherche à baisser les inégalités par ce
système de prélèvements, en faisant payer plus aux
plus riches quaux pauvres pour quaprès le
prélèvement, lécart soit moins important. Pour
quil y ait une diminution des inégalités, il faut
alors que le prélèvement soit progressif,
cest-à-dire que si les revenus augmentent, alors
la part de limpôt dans le revenu doit augmenter.
Or, il ny a quun impôt progressif : celui
sur le revenu et il est marginal dans le total des
prélèvements obligatoires. Les autres prélèvements
(TVA, Cotisations, CSG) sont les plus importants et ils
sont dégressifs, cest-à-dire que si le revenu
augmente, la part de limpôt dans le revenu
diminue. Avec les prélèvements, les riches deviennent
donc plus riches.
- LEtat
Providence est mis en cause aussi sur le principe de la
solidarité.
John
Rawls souligne que la solidarité est basée sur un voile de
lignorance ( P
Rosanvallon : " Nous acceptons
dêtre solidaires parce que nous sommes incertains
de notre avenir et conscients de courir certains
risques " ). En effet, pendant très longtemps,
on savait que les gens pouvaient encourir des risques,
mais cela était incertain, doù le principe de
solidarité. Or aujourd'hui, les progrès de la médecine
et de la connaissance de nos propres risques fait que le
voile de lignorance se lève. Cela remet en cause
la dimension collective qui réside dans le concept de
solidarité. La tentation est donc de se dire
" puisque certains ont des conduites à risques
(tabac..) pourquoi me montrerais-je solidaire de leur
sort ? "
- La
crise financière de lEtat Providence se traduit
par la hausse du taux de prélèvements obligatoires.
Pour certains, cette hausse devient contre productive.
(Mécanisme de la courbe de Laffer
"limpôt tue limpôt").
Face
à la crise de lEtat Providence (sécurité sociale), on
constate une certaine tentation libérale des gouvernements, cest-à-dire
une tentation de laisser davantage faire le marché (comme aux Etats-Unis).
Cependant,
on peut trouver des solutions sans pour autant remettre en cause
le modèle social européen, simplement en laméliorant.
Doc.
21 à 23 p 381 à 383 :
Le
financement des retraites est problématique en France
car le système de répartition est en difficulté, même
si lemploi repart. Pour assurer un bon niveau de
revenus aux retraités futurs, une voie complémentaire
existe, celle de la capitalisation. En effet, il ne sagit
pas de remplacer le système de répartition par la
capitalisation, mais de mettre en place une retraite par
capitalisation qui serait complémentaire de celle par
répartition. Ce système de retraite risque d'être une
bonne illustration de la tentation libérale qui vise à
laisser faire le marché pour le financement des
retraites : système dassurance individuelle.
Pour
faire face aux difficultés économiques qui sont
perçues comme identiques dans chaque pays européen, la
plupart des gouvernements, de droite ou de gauche,
puisent dans les recettes propres au régime libéral de
protection sociale pour orienter les différentes
réformes quils proposent. Chaque pays dEurope
met alors progressivement en place des politiques
nationales de recul de la protection sociale. Ainsi, pour
avoir droit aux prestations sociales, les critères sont
de plus en plus serrés ; les services des
assurances privées se développent (exemple des
assurances vie et des incitations fiscales) ; le
niveau des prestations et des services se réduit. De
même, la charge laissée aux usagers saccroît
(augmentation du ticket
modérateur : dépenses de
santé à la charge de l'assuré) d'où le recours aux
complémentaires et aux mutuelles.
Mais,
pour autant, des évolutions montrent quon cherche à
maintenir un modèle original, qui vise à protéger la cohésion
sociale.
Dautres
orientations.
Le passage dune justice commutative à une justice
distributive.
On
passe dun principe dégalité à un principe déquité.
Il sagirait de faire en sorte que la protection sociale
soit moins catégorielle et plus
individualisée (problème des travailleurs sociaux pour faire
rentrer les individus dans une population cible). Il faudrait
donc rompre avec une logique centralisatrice et unifiée
et rechercher un partenariat plus important avec les
collectivités locales, les associations caritatives (elles sont
sur le terrain et connaissent donc mieux les problèmes) afin de
prendre plus en compte les cas réels, les situations
personnelles (mise en cause de l'approche catégorielle).
Certains évoquent "un nouveau contrat social construit sur
le principe de justice distributive qui conduit à lidée duniversalisation
des droits sociaux et dindividualisation des politiques
sociales ".
Substituer une logique du contrat social à la logique de lassurance.
Doc.
24 p 283. et Doc. 11 polycopié :
Il sagit
dune logique dactivation. Pour illustrer le propos,
P. Rosanvallon prend lexemple du RMI qui est, selon lui une
bonne illustration de la logique du contrat. En effet, le
problème de laide sociale est que ce droit au revenu
peut provoquer un effet pervers, puisquil est facteur de
dépendance et dassistance. Le sentiment dêtre
assisté peut enfoncer lindividu, qui devient ensuite
exclu.
Dans
la notion de contrat social, il sagit donc de favoriser le
droit au travail, cest-à-dire de laisser penser à lindividu
quen contrepartie de laide, il doit travailler et
montrer quil veut se réinsérer ( logique de dépense
active).
Le
RMI peut être considéré comme un mode de régulation du lien
social pour 2 raisons :
Dune
part, il a renforcé la prise en charge de la pauvreté
à léchelon local et favorisé ainsi le
partenariat entre les institutions
D'autre
part, il essaye de sortir des contradictions de lassistance
et de favoriser la participation aux échanges de la vie
économique et sociale.
Mais,
on peut dire quil nest pas évident pour les Rmistes
de trouver des activités à cause de la rémunération. Il faut
leur trouver des emplois dans des associations, des
collectivités locales
De
plus, est-ce que les gens qui touchent le RMI veulent vraiment
travailler ? Parfois, il y a une rupture des individus avec
le monde du travail depuis très longtemps et il leur est très
difficile de se réinsérer. Mais, on peut les insérer hors du
monde du travail. Linsertion peut prendre le chemin de
l'intégration.
Le
problème qui se pose est donc : "comment insérer les
gens ? ".
Limite
de cette "activation de solidarité" : on peut sinterroger
sur le sens de ce contrat. Assiste-t-on au passage du Welfare au
Workfare ? Ex : le Blairisme (Tony
Blair, Premier ministre anglais) : plutôt que de donner des
allocations chômage, il vaut mieux les utiliser pour créer des
emplois (et ainsi trouver du travail aux chômeurs). Cest
donc un système où le travail est indispensable : système de
Workfare. Le problème c'est que ça tire les salaires vers le
bas (poor jobs), cela crée une concurrence déloyale, et on
repart dans un système où lindividu doit être formaté
au modèle de lemploi.
Approfondir la dimension "universaliste".
Docs
19 et 20 p 380-381
Compte
tenu de la déchirure du voile de lignorance (J. Rawls),
sur quoi faire reposer la solidarité ? : Sur notre
appartenance à une même nation, une même communauté. Il y a
là une conception politique de la solidarité (et non plus assurancielle).
On
doit noter plusieurs tentatives d'évolution vers le modèle
universaliste :
Une
plus grande fiscalisation de la protection sociale
La
mise en place de la CMU en 1999 : Droit à la santé
pour tous.
Alors
qu'autrefois la protection sociale était gérée par les
syndicats (elle s'est d'abord développée par
profession). Aujourd'hui, ce sont l'Assemblée nationale
et le Sénat qui votent le budget de la Sécu : Passage dune
gestion paritaire à une gestion étatisée. Le fait que
ce soit désormais le parlement qui vote le budget de la
Sécu montre le passage dune logique dassurance
à une logique béveridgienne, universaliste.
notes de
cours proposées par Ismaelle et Hélène - 703 - année scolaire
1999/2000
pour aller
plus loin
- le système de santé
en France
© ch. Feytout - Lycée Sud Médoc - 2000 : la diffusion de cet article est protégée par la licence LLDL-v1, Licence de Libre Diffusion des Documents, http://pauillac.inria.fr/~lang/licence/v1/lldd.html
| |
|