Croissance et développement
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« De la croissance au développement …»

 

On établira au cours de cette introduction un axe de travail basé principalement sur 3 notions clé :

Dans la 1ére partie, on va s’interroger sur le phénomène de croissance. La croissance est apparue à l’époque de l’industrialisation. Mais qu’est ce que la croissance ? Y a-t-il des inégalités de croissance dans les différents pays ? pourquoi ?

Dans la 2éme partie, on s’interrogera sur les transformations sociales, culturelles et politiques qui accompagnent la croissance.

I) il est nécessaire de s'interroger sur le phénomène de la croissance

A) Qu'est ce que la croissance ?

  Définition 

 Mesure

B) Une réalité partagée, mais de façon inégale 

Le dogme de la croissance 

comment

pourquoi 

Une croissance inégale dans le temps et dans l'espace

Dans le temps

Dans l’espace  

C)    La croissance : une réalité contestée  

Dans sa mesure

Dans sa finalité

II)      les transformations sociales, culturelles et politiques qui accompagnent la croissance.

A)  La croissance, facteur du changement social

Qu'est ce que le changement social 

Quelles transformations sociales ?

Au niveau économique

Au niveau social

B)  Les transformations sociales susceptibles de favoriser la croissance

Les facteurs culturels de la croissance 

Le rôle de la religion 

La montée de l'individualisme et le changement de valeurs

Les facteurs politiques de la croissance

 Le rôle de l'État

 Le rôle des Institutions 

           

 

I.A.1         

La croissance est une augmentation du PIB, de la production sur une longue période.

·       On appelle dépression une diminution prolongée de cette production. Il y en a eu en 1975 et 1993 en France. La récession est une baisse de la production.

la France a connu 2 récessions : en 1975 et 1993

·       On appelle expansion un accroissement de la production, sur le court terme.

Pour les comparaisons internationales, on utilise le PNB.

Il faut faire la différence entre la mesure du P.I.B. en valeur (prise en compte de l’inflation) et P.I.B. en volume (non prise en compte de l’inflation). Bien sûr, les économistes vont davantage s’intéresser à la croissance réelle.

Le P.I.B. signifie produit intérieur brut. On s’intéresse qu’aux entreprises implantées dans un pays. Tandis que le P.N.B. (produit national brut) ne s’intéresse qu’à la nationalité de l’entreprise et non au lieu où elle est implantée.

Donc dans les pays développés, pas de grosses différences entre P.I.B. et P.N.B. tandis que dans les pays en développement, le P.I.B. est largement supérieur au P.N.B. car ils accueillent davantage d’entreprises par le faible coût de la main d’œuvre par exemple.

Donc dans ces pays - là, c’est le P.N.B. qui est le plus important et le plus représentatif de la richesse créée.

La croissance s'exprime sur le long terme par un taux d’accroissement annuel moyen.

Mais l'inflation rend les calculs peu fiables puisque la valeur de la monnaie utilisée varie.

Attention :  

Il faut distinguer croissance  nominale ¹ réelle

                                                                  Francs courants  ¹ Francs constants

                                                                  Valeur  ¹ Volume

 

rappel

pour passer des francs courants aux francs constants :

                                                                     Calculs en francs courants

  Calculs en francs constants =                     ____________________________   * 100

                                                                  Indice des prix de l'année en cours

I.B.

Pour tous les pays, la croissance est un phénomène qui est recherché, c’est un impératif que toutes les économies se donnent de réaliser.

 I.B.1.a.

Comment une économie peut-elle augmenter son PIB ?

Avant A.Smith, les économistes pensaient qu'il était difficile pour l'économie de croître indéfiniment. Il fallait donc contrôler la croissance de la population.

Adam Smith (Cf p.441.442) est le premier à prouver l’existence de la croissance et ses effets bénéfiques sur la richesse : Cf Ouvrage sur la recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations, 1776.

Théorie de SMITH Théorie de MALTHUS
La prospérité peut augmenter

Conséquence : rechercher les lois économiques.

-rôle de l’épargne

-philosophie individualiste : libéralisme

-division du travail

-rôle du commerce international : avantage absolu.

-commerce : facteur de croissance.

Il existe un seuil de prospérité

Conséquence : limiter et contrôler les naissances pour permettre une bonne distribution de la richesse pour qu’il y en ait le maximum pour tout le monde.

I.B.1.b..

Les moteurs de la croissance

  • l'investissement et le progrès technique
  • la consommation
  • les exportations
  • la concentration.

par exemple, on peut se demander quelles sont les causes de la croissance d'après 1945 (dite des "30 glorieuses")

-1° moteur - l’exportation : Comment exporter davantage ? comment être compétitif ?

Après la seconde guerre mondiale, on va organiser les échanges.

Création du G.A.T.T. en 1947 permettant le libre échange. Et aussi les accords de Bretton Woods avec la création du SMI (Système monétaire international) qui permettent la convertibilité des monnaies. Toutes ces mesures sont l'œuvre de la Coopération entre les pays développés. Mais elle a volé en éclat à partir de la crise pétrolière. L’Intégration prendra le relais. Les mesures d’intégration les plus marquantes sont celles de l’Union Européenne, de l'ALENA (Accord de libre-échange nord américain, Cf livre d’histoire à la fin.),… Cette politique consiste à développer les échanges dans une zone régionale.

Mais ces " blocs économiques " peuvent provoquer des tensions (l’importation des bœufs aux hormones en Europe et l'exportation de Roquefort aux États Unis (EU)) et entraîner une guerre économique. La mondialisation touche tous les domaines qu’ils soient culturels ou économiques.

- 2° moteur - l’ Investissement : c’est une hausse du stock de machines. Keynes a remarqué les effets de l’investissement sur la croissance. Il existe une relation entre la production et l’investissement : c’est l’effet multiplicateur. Considérons que k est un réel supérieur à 1 alors P= kXI. Donc l'État par le biais de l’investissement a un rôle à jouer dans la croissance. L’exemple le plus frappant est la résorption de la crise de 1929 aux EU par cette méthode-ci. Après la seconde guerre mondiale, l'investissement va être un moteur important de la croissance. Il sera un vecteur important de l’innovation (et du progrès technique).

- 3° moteur - la concentration : Cf TD

- 4° moteur - la consommation finale (des ménages et/ou des administrations) : On peut schématiser le cercle vertueux de la croissance ainsi :

hausse de la consommation -> hausse de la production -> hausse des revenus -> hausse consommation ... Mais la hausse de la consommation peut aussi entraîner une hausse de l’ Investissement au détriment des revenus des ménages d’où le clivage droite-gauche. (Cf arrivée des socialistes au pouvoir en 1981 : hausse des revenus des ménages pour relancer l’économie et aussi la politique d’ Alain Juppé pour l’incitation à l’investissement des entreprises). C’est le fordisme qui a su concilier les deux d’où la prospérité des 30 Glorieuses.

on bénéficiera de la fiche de lecture de Maud sur la croissance pour 1999.

Mais il faut distinguer facteurs de croissance et moteurs de croissance.

                      Les facteurs de croissance

  • Le travail
  • Le capital
  • Les CI
  • Le progrès technique

Les moteurs de croissance sont une analyse d'un point de vue macro- économique alors que les facteurs de croissance sont une analyse d'un point de vue micro-économique. 

- Croissance extensive/intensive

La croissance peut provenir:

  • de l'augmentation quantitative de ces facteurs, on parle de croissance extensive (États-Unis : faible taux de chômage)
  • d'une utilisation meilleure de ces facteurs, on parle de croissance intensive (la France mise sur la productivité - cas de l'industrialisation du tertiaire)
  • La crise de 1973 s'explique par une baisse de la productivité (plus forte en France et en Allemagne)

  

I.B.2.a.   

Aux périodes de croissance peuvent succéder des crises. En effet, la croissance n'est pas régulière et elle est rythmée par des cycles

Si il y avait une croissance régulière, il n’y aurait pas de problèmes. Mais souvent, après la croissance arrivent des crises. Donc présence de cycles économiques. (Cf schéma cycles courts de Juglar et cycles longs de Kondratiev). Depuis la seconde guerre mondiale, les cycles économiques étaient altérés par la longueur et la durée de la croissance (absence de crises : 30 Glorieuses).

On qualifie les récessions longues de dépressions. Mais maintenant, on ne parle plus de dépressions car les récessions sont toujours stoppées par l'État grâce à la politique économique.

Si pour la France, depuis la seconde Guerre Mondiale, le cycle économique a disparu avec les "30 Glorieuses", il réapparaît avec les années 80.

A partir de 85 avec le contre choc pétrolier, c'est la période de croissance qui va durer 3 ans.

A partir de 90, on a une phase de très net ralentissement économique qui débouche sur une récession : le PIB chute en 1993.

Après 93, il y a une reprise qui va durer très peu de temps et à partir de 95,  c'est un ralentissement de l'économie.

Pour les années 96 à 98, la croissance reprend.

L’économie française semble être proche de l'économie américaine car elle aussi est marquée par des cycles. L’économie américaine est très flexibles donc la France devient-elle flexible ? La flexibilité est-elle une sortie de crise ?

 

I.B.2.b.        Des pays ont connu une croissance industrielle tardive favorisée par des évolutions politiques et économiques. D'autres ont eu de la croissance avec la révolution industrielle. Enfin, certains n'ont pas connu la croissance. Ces pays n'ont pas d'industrie et vivent toujours dans des sociétés traditionnelles. Les écarts entre les différentes régions du monde datent de la révolution Industrielle.

I.C.1

  • prendre en compte l'économie informelle : Suivant l'importance de l'économie informelle, on peut sous-estimer l'importance de cette économie.

Pour les pays en développement, l'économie informelle conduit à une sous-estimation de la richesse produite (croissance) et des revenus distribués (niveau de vie).

Dans l'économie informelle, on distingue ce qui est licite (l'autoconsommation) et illicite (marché noir). Pour les pays en développement, on définira l'économie informelle par les activités domestiques et par les activités marchandes non-déclarées. Dans ces sociétés, il y a un dualisme : 2 sociétés , l'une traditionnelle, l'autre moderne. Ainsi le secteur informel se forme au contact de ces 2 sociétés.

Le secteur informel explique le degré de tertiairisation de ces pays (phénomène d'urbanisation) mais son rapport au développement est discuté.

Une usine provoque une hausse du PIB (Croissance) mais aussi une baisse des conditions de vie (pollution)biblio. Notre PIB mesure des choses qui peuvent contribuer à la richesse (Ex : Revenu) mais ignore les externalités notamment négatives. Donc l’accroissement du PIB ne veut pas toujours dire que les conditions de vie s'améliorent. Il faut rechercher un autre type de mesure. Il faut faire attention aux mesures de la croissance car il faut que la société dure le plus longtemps possible.

Le développement durable est une développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Or la croissance de maintenant ne se préoccupe pas vraiment de la solidarité intergénérationnelle.

Mais comment prendre en compte le développement durable ?  

I.C.2.    Une bonne croissance économique doit réduire les inégalités. Elle va entraîner un développement humain ("élargissement de l'éventail des possibilités offertes à l'homme"). L' Indice de Développement Humain prend en compte l'espérance de vie, le savoir et le niveau de vie.

Mais l'espérance de vie peut augmenter sans qu'il y ait développement car il y a parfois une aide extérieure (vaccins et autres techniques antimortelles).

Il est donc intéressant d'affiner la mesure du développement avec un nouvel indicateur :l'IPH.

L'Indice de pauvreté humaine joue un rôle important ; chose remarquable, il concerne autant les Ped que les PDEM..

L'IPH-1 joue un rôle important pour les pays en développement :.

Dans l'IPH-1, il y a l'indicateur de longévité (% de population dont l'espérance de vie est de moins de 40 ans), d'instruction (% d'analphabètes) et de condition de vie (% de population n'ayant pas accès à l'eau potable, à la santé, % d'enfants mal nourris). Plus cet indice est proche de 0, moins il y a de pauvreté..

L'IPH-2 concerne les PDEM. Il considère le % de population dont l'espérance de vie est de moins de 60 ans, puis le taux d'illettrisme des adultes, les conditions de vie (% de personnes en dessous du seuil de pauvreté = Le seuil de pauvreté est la demi-médiane du revenu disponible) et la participation de l'individu à la société (le contraire est l'exclusion: chômage depuis plus d'un an). .

Avec l’IPH, on prend conscience que le développement peut être réversible. Il conduit au "mal-développement". c'est un phénomène du développement qui s'accompagne d'une augmentation de l'IPH

Aujourd'hui, il y a aggravation de la pauvreté monétaire (Cf graph.2) tandis que l’IPH diminue (Cf doc.4) mais cela concerne que quelques pays. A partir de 1980, dans l’ensemble, il y a augmentation de la pauvreté monétaire. Donc le développement n ‘est pas un phénomène irréversible. Par exemple aux États-Unis, le PIB/hab est important et l’IPH est fort (17). Nous constatons après les années 80 que les inégalités augmentent. Le phénomène d’exclusion explique également l’indice de l’IPH. Y a-t-il une mise en cause du rôle de l'État ? quelle(s) conséquence(s) pour le lien social ?

.Ainsi des pays développés peuvent avoir un IPH plus élevé que des pays en développement.

- Ecart entre riches et pauvres:

Il y a 40 PMA (Pays les Moins Avancés) dont le revenu est inférieur à 600 $ /hab./an.

illustration : Sierra Léone - pays le plus faible en IDH (0,185) en 1998 avec une espérance de vie de 34 ans, un taux d'alphabétisation de 31%, un taux de scolarisation de 30% et moins de 2$ par habitant et par an..fiche de lecture

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Le changement économique est facteur de changement social mais on peut aussi montrer que le changement social peut être facteur de changement économique.

II.A.1.   

Le changement social est une transformation durable qui affecte la société dans son fonctionnement, dans sa structure et dans le domaine culturel. Ce sont les sociologues qui utilisent principalement ce terme à l'instar des économistes qui lui préfère celui de "développement". Le développement, c'est le changement social qui accompagne la croissance économique et lui permet de durer.

- l'industrialisation de l'économie française se caractérise par la hausse des investissements et de la population active. Une des conséquences non négligeables de ce mouvement va être la forte croissance de la productivité et avec elle la hausse du niveau de vie.

   - Le niveau de vie: Il a connu une hausse irrésistible depuis la Révolution Industrielle. En France, la consommation totale par habitant a été multipliée par quatre entre 1949 et 1985.                    

Doc 15 p 22. Prix réel : temps de travail nécessaire pour acheter un produit. Pour tous les biens, le prix réel a baissé depuis 1875, cela grâce à la productivité.

Prix réels =                     1  /     Productivité du travail         .

                     

- La tertiairisation s'est faite de façon concomitante à celle de l'industrialisation : le tertiaire est l'ensemble des activités qui visent à produire des services. En 1870 : 27% des actifs travaillaient dans le tertiaire contre 64 % en 1987. Mais il est difficile de définir le tertiaire. Il regroupe des métiers variés. Il concerne même le secteur industriel (comptabilité, …). On appelle cela le processus d’externalisation : tertiairisation de l’Industrie.

Pour comprendre le développement du tertiaire, on peut mobiliser d'autres explications : la féminisation de la population active (encore que ce mouvement en est également la conséquence), l'évolution de la consommation finale des ménages, le développement de l’État. Cette évolution affecte la structure sociale, la productivité notamment.

Avec la salarisation, c'est l'Etat-Providence qui se développe. Jusqu'au 19ème siècle, il y avait les nobles (patrimoine) et le tiers-état (pas de patrimoine). Le patrimoine était la seule sécurité. Maintenant, de plus en plus, avec ou sans patrimoine, on est protégé grâce à la sécurité sociale . Mais aujourd'hui, la crise de l'État Providence met en cause cette forme de sécurité.

                    - La concentration: la taille moyenne des entreprises augmente, grâce à des investissements ou au rachat d'autres entreprises. La concentration est une conséquence de la concurrence capitaliste: disparition des vaincus, croissance des vainqueurs. Mais les 3/4 des entreprises en France ont moins de 10 salariés.

                   

- L'urbanisation se développe au rythme de l'industrialisation de l'économie française. Ce mouvement affecte également les valeurs avec le recul de la société rurale.

                    -  La féminisation : beaucoup de femmes travaillaient au début du siècle mais c'est la nature du travail qui a changé (passage du primaire au tertiaire). Ce mouvement affecte les valeurs, les relations de couple et la démographie.

.- le monde du travail change également. En termes de législation, d'organisations, de durée du travail, de qualification (liée à la scolarisation et le développement de l'éducation). Ces transformations du monde du travail tout au long du XX ° siècle affectent la structure sociale, le mode de vie avec l'essor du temps libre.

- La transition démographique : elle est définit par le passage d’un régime démographique traditionnelle avec une forte natalité (environ 30°/oo) et une forte mortalité à un régime démographique moderne avec de faibles natalité (moins de 10°/oo) et mortalité.

Dans les pays développés, la transition démographique est achevée depuis le milieu du XX° siècle (sauf l’accident du Baby-boom en France). Les caractéristiques de la transition démographique se relève par une baisse de la mortalité (rôles de la médecine et des infrastructures hospitalières), une hausse de niveau de vie et une baisse de la natalité (Cf baisse de la mortalité infantile, contraception, éducation, affaiblissement du pouvoir de la religion). Lors de la transition démographique, la population active augmente dans un premier temps (par le fait la baisse de la mortalité plus rapide que celle de la natalité). Par la suite, on assiste à un phénomène de vieillissement du fait d'un taux de natalité bas et d'une espérance de vie qui s'allonge.

Cette évolution démographique questionne le rapport entre démographie et développement. Incontestablement, la transition démographique dans les Pdem a été un facteur de dynamisme (notamment par les migrations internationales). Aujourd'hui, les Pdem connaissent le vieillissement de leur population. Cette dernière évolution interpelle les sociétés modernes tant sur le plan du pouvoir que sur celui des valeurs sans ignorer évidemment l'avenir douloureux des systèmes de retraite par répartition.

Pour ce qui est des Ped, la révolution démographique se poursuit, avec une forte baisse de la fécondité dans certains pays. Dans le Tiers-Monde, le ralentissement de l'accroissement naturel doit s'affirmer dans les décennies qui viennent. Est-ce une chance ou une contrainte pour les PED ?

- les transformations de la structure sociale.

Nous constatons une hausse des cadres, dû à un phénomène de qualification et aussi une baisse des agriculteurs et ouvriers (notamment non qualifiés) expliquée par le phénomène de modernisation. Jusqu’en 1993, les ouvriers dominaient. Après 1993, ce sont les employés qui sont les plus nombreux. La hiérarchie sociale est affectée par ces transformations d'autant que la mobilité sociale est forte (en termes de mobilité structurelle et de mobilité nette). Ainsi on passe d'un statut social prescrit à un statut social acquis. Cependant aux extrémités de la hiérarchie sociale, l'immobilité demeure forte.

 

II.B.       

Les transformations sociales peuvent favoriser la croissance mais aussi certaines transformations peuvent à contrario la pénaliser à l’instar de la montée de l’Intégrisme dans certaines sociétés. On va donc étudier les facteurs culturels et politiques de la croissance.

II.B.1. 

On peut évoquer les thèses de Max Weber : les effets de la religion sur la croissance Le changement de valeurs est à prendre en considération également : la montée de l’individualisme a un effet sur le phénomène de développement et de croissance.

II.    M.Weber a écrit un ouvrage sur "l'éthique protestante et l'esprit du capitalisme" (1905). La thèse de Weber est d'approfondir la relation entre l'ascétisme protestant et le développement du capitalisme.

Les valeurs mises en avant par le protestantisme encouragent le travail et l’épargne donc favorisent la croissance. Aussi le salut de Dieu repose sur la réalité de la vie terrestre : dédiée aux bonnes oeuvres et à la capacité à s’enrichir. Le salut de Dieu se fera en fonction du travail et de l’accumulation des richesses.

schéma : Révolution religieuse (Luther, Calvin) ->Doctrine de la prédestination ->Pour obtenir le salut de Dieu -> Il faut déployer une activité terrestre dont le succès prouve la sollicitude de Dieu -> Une vie entière de bonnes oeuvres érigées en système -> Ascétisme -> Activité économique rationalisée -> processus d’épargne, d’accumulation -> Essor de l’ Investissement productif -> croissance et capitalisme.

L’éthique protestante est une combinaison entre l’ascétisme et l’économie rationalisée. Le capitalisme est basé sur la recherche du profit et des droits de propriétés (à contrario du socialisme où c’est plutôt la recherche de la satisfaction des besoins et la propriété de l’État)

La thèse de Max Weber a été critiquée : des pays ayant connu le protestantisme n’ont pas pour autant connu la révolution industrielle (Ex : Écosse). L’idée philosophique de Max Weber est qu’on doit trouver les façons de faire dans les façons de penser (Cf le philosophe Hegel). Karl Marx pense à contrario que ce sont les conditions réelles de l’existence qui influent sur les façons de penser (raisons économiques et sociales).

II.   

Depuis la Révolution Industrielle, on constate l'affirmation de l'individu (déclaration des Droits de l'Homme de 1789), dans le même temps que les mouvements de rationalisation et de sécularisation

     - Le phénomène de sécularisation

C'est un mouvement de recul du religieux dans une société, un glissement vers le profane. La société ne s'organise plus autour de la religion, il y a un phénomène de la laïcisation (séparation de l'église et de l'État en 1905) : c'est l'État qui va prendre en charge les fonctions jouées autrefois par l'église (éducation, aide aux pauvres..).La religion devient une affaire personnelle avec la multiplication des religions: catholicisme, protestantisme... On assiste à une sorte de privatisation car la religion devient une affaire personnelle avec la valorisation de la démarche individuelle.

On passe ainsi de la tradition au calcul et à la rationalité, de l’affectivité au droit, du prêtre au juge.

                        - Le processus de rationalisation

Selon la thèse de Max Weber, les pays développés ont connu un processus de rationalisation c’est à dire une transformation de la société qui se caractérise par une plus grande spécialisation des différentes fonctions de la société comme l’apparition de l’État. Il existe plusieurs sortes de rationalité : rationalité par rapport à un but, rationalité par rapport à une valeur, rationalité affective et rationalité traditionnelle. Les rationalités en valeur et en finalité tendent à remplacer les rationalités affectives et traditionnelle. Il est nécessaire de les prendre en compte pour comprendre l’essor du capitalisme et la montée de l’individualisme.             

                        - L'émergence de nouvelles valeurs

Au 20ème siècle, les sociétés modernes sont passées d'un système de valeurs matérialistes à un système de valeurs post-matérialistes.(voir le modèle d'Inglehart)

ex : les individus accorderaient aujourd'hui plus d'importance à la qualité de vie, au besoin d'appartenance, plutôt qu'au niveau de vie, au taux d'équipement (voitures...)fiche de lecture

Ce passage va provoquer des changements de type politique (bataille pour l'environnement, pour l'égalité des sexes). Cette évolution rend les gens plus sensibles face à la problématique du développement durable.

                        - La montée de l'individualisme

A partir du XVIII éme siècle va se développer une philosophie davantage individualiste qui va se manifester par la reconnaissance des droits de l’homme : Habeas Corpus fin XVII éme siècle et droits de l’homme en 1789. Le sociologue L. ROUSSEL distingue 2 sortes d’individualisme : individualisme égoïste ( la priorité est la satisfaction de soi) et individualisme universaliste (la priorité est la liberté individuelle sans nuire à autrui).. Cette seconde conception offre une clé d'interprétation du développement de la démocratie et de l'État Providence dans les Pdem.

II.B.2.   

Le phénomène de croissance économique peut s'expliquer par les rôles de l'État, des Institutions.

On peut se référer à Max Weber : les économies développés ont connu un processus de rationalisation, mais aussi un processus de spécialisation, d’où l’apparition de l’État.

Essayons de préciser ce rôle de l'État à l'aide de plusieurs exemples :

- L’État va jouer un rôle important dans les pays à industrialisation tardive : Russie, Japon, Corée du Sud.

Pourquoi l’État intervient-il ? il répond à une des défaillances du marché. la rentabilité à court terme est insuffisante, elle dissuade l'initiative privée. Si non, le prix serait beaucoup trop élevé pour permettre un accès au plus grand nombre.

Quels rôles a-t-il joué ?

L’Etat va développer des politiques structurelles :

  • communication : le fait de désenclaver une région va permettre à cette région de se développer.
  • Éducation : facteur de qualification.
  • Financement : l’ État va développer des systèmes de financement. Le crédit par exemple va augmenter le nombre potentiel des créateurs d'entreprises (voir le débat entre la currency school et la banking school).
  • Politique commerciale : Un État peut être libre-échangiste ou protectionniste. Les économies qui cherchent à développer leur industrie sont incitées à user d'un protectionnisme éducateur.
  • Innovation (Ex : le Japon) : L' État sous l'ère Meiji va favoriser l'importation de technologies afin de gagner du temps.
  • la concentration : l’ État va favoriser la concentration car cela abaisser les coûts de production et favoriser la compétitivité( là encore on peut citer l'ère Meiji et la création des Zaïtbatsus)

- Le cas français.

Au lendemain de la seconde guerre Mondiale, l'État va intervenir sur le partage de la richesse et la distribution des revenus. L’ État va garantir un revenu minimum : SMIG qui deviendra par la suite le SMIC. L’ État organisera le système des conventions collectives (afin de favoriser des accords de branche entre patronat et salariés). Ainsi les salaires seront indexés sur les prix et la croissance. Les revenus sociaux contribueront également à la progression du pouvoir d'achat.

Pourquoi ?

- objectif social : réduire les inégalités.

- objectif économique : soutenir la consommation et donc la production (vision keynésienne)

Ce rôle de l’ État participe au fordisme.

- Le cas des pays en développement.

L’instabilité politique qui existe dans certains Ped fait que la croissance et le développement sont contrariés. Lorsqu’il y a des conflits, il est impossible de faire des politiques structurelles. Aussi les campagnes sont négligées au profit des villes car c’est dans les villes que se trouvent les groupes de pression donc augmentation du clivage entre rural et urbain. L'état sanitaire de la population pèse sur l'espérance de vie et contrarie également les perspectives de croissance.

Doc 5p.34.

Il faut que les sociétés soient libérées des dogmes religieux pour favoriser une ouverture d’esprit et intellectuelle pour permettre l’innovation. Amartya Sen, prix Nobel d'économie en 1998 et inventeur de l'IDH a montré que le meilleur remède à la famine est la démocratie : "un gouvernement qui a fait subir la famine à ses électeurs a peu de chance d'être réélu". (voir les articles du Monde du 28/10/98 et 10/12/98)

Les institutions sont des ensembles de règles qui organisent la société. Pour les sociologues, les institutions produisent des normes et ont des conséquences durables sur les rapports sociaux (Ex : la famille, c’est un type d’institutions : Cf processus de socialisation).

Quelle forme d’institutions s’est mise en place pour permettre la croissance économique ?

donnons des exemples :

  • le marché. Au moyen-Age, le marché du travail n’existait pas. Pour le créer furent interdites les corporations. On libéralisait ainsi le travail. Par la suite ce marché sera régulé (apparition des premières lois sociales à la fin du 19° siècle). Ce marché va favoriser la croissance.
  • l'instauration du droit de propriété, institution fondamentale pour le Capitalisme. Pour North, c’est l’une des explications de la révolution industrielle. Avec le phénomène des enclosures en Angleterre, les paysans vont fermer leurs champs donc incitation à la productivité ce qui va permettre une révolution agricole. Cette évolution favorisera par la suite l'industrialisation.
  • le Fordisme pendant les 30 Glorieuses : un ensemble de règles va favoriser la croissance économique.

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notes de cours proposées par Jean Christophe et Etienne - 703 - année 1999/2000

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