Investissement - croissance et progrès technique
Accueil ] Remonter ] Croissance et développement ] Travail et Emploi ] Les transformations de l'emploi ] [ Investissement - croissance et progrès technique ] Progrès technique et croissance ] Ouverture Internationale et Mondialisation ] Intégration économique et croissance ] Les limites de la mondialisation ] Changement social et Solidarités ] Changement Social et Conflits ] Changement Social et inégalités ] le rôle économique et social des pouvoirs publics ] Etat - Providence et cohésion sociale ]

 

màj 26/07/03

l'Internet au service des élèves

Sociologie

       

Économie

   

Année Scolaire 1999/2000

Science Politique

Lycée Sud Médoc
Av de Lacanau
le Taillan Médoc

Retour à la page précédente

 

INVESTISSEMENT, CAPITAL ET PROGRÈS TECHNIQUE

I l’Investissement, un moteur de la croissance
A) Les transformations de l’investissement (depuis 1970)
B) Les effets de l’investissement
C) Les déterminants de l’investissement

I l’Investissement, un moteur de la croissance

Il s’agira d'analyser la relation entre investissement et croissance.

A) Les transformations de l’investissement (depuis 1970)

1) Qu’est ce que l’investissement ?
2) Sa mesure
3) L’évolution de l’investissement

1) Qu’est ce que l’investissement ?

L’investissement matériel

L’investissement est l’acquisition par une entreprise de matériels (capital technique ou capital fixe). Lorsque une entreprise investit, elle augmente le stock de capital (machines) : c’est la FBCF ( Formation Brute de Capital Fixe ) . L’investissement est un flux : variation du stock de capital .

ex : I = 10

si k0 = 100 donc k1=110 et la variation du capital est de 10.

L’investissement vise à augmenter le stock de capital .

FNCF ( Formation Nette de Capital Fixe ) = FBCF - Amortissement ( achat de machines pour remplacement, du à l’usure physique et/ou l'usure économique, phénomène dit d'obsolescence - l'amortissement se nomme également CCF c'est à dire la consommation de capital fixe).

La FNCF se caractérise par l’augmentation du capital.

NB si la FNCF est nulle alors la FBCF se réduit à la CCF et donc l'investissement ne se traduit pas par une augmentation du stock de capital.

Investissement total = FBCF + Variation de stocks

Lorsque une entreprise investit, c’est qu’elle a pour but de produire plus et donc d’augmenter ses stocks .

L’amortissement équivaut à l’investissement de remplacement c’est à dire à remplacer les machines existantes : c’est la consommation de capital fixe. Lorsque une entreprise investit dans de nouvelles machines, c’est souvent pour remplacer les machines existantes. Lors d'un progrès technique rapide ou d'une concurrence avivée, la CCF croît. Cela met les entreprises en difficulté. Pour certains économistes, nous avons là une des causes de la crise économique.

Pour produire davantage, une entreprise favorisera l’investissement de capacité qui consiste à augmenter la capacité de production. L’investissement de productivité se caractérise par l'achat de machines plus performantes. Il conduit à une substitution capital / machines c'est à dire le remplacement des hommes par les machines.

Dans la réalité ces trois types d’investissement sont difficiles à distinguer.

L’Investissement immatériel

Il est paradoxal de dire que l’investissement peut-être immatériel. Dans l’investissement immatériel, on distingue les dépenses pour les logiciels, la publicité et le marketing, la formation et la recherche et le développement.

Les dépenses occasionnées par l’investissement immatériel vont générer des revenus futurs. (c'est donc à ce titre que ces dépenses de consommation intermédiaires sont considérées comme de l'investissement - cependant depuis 1999 la FBCF comptabilise les dépenses de logiciels, de brevets et de licences)

Par exemple, la formation est un détour de production : en effet le coût engendré sera amorti par les futurs bénéfices apportées par une main d'oeuvre plus qualifiée. Toutes ces dépenses sont essentielles dans l’acte de production ( productivité, compétitivité ). . Par contre la formation est ignorée, donc elle échappe à la croissance du pays. La recherche et le développement sont effectués en vue d’inventer (organisation du travail) et d’innover. Il y a innovation quand l’invention fait l’objet d’un processus de production.

2) Sa mesure

On peut utiliser plusieurs indicateurs :

- En niveau ( FBCF en volume )

Cependant, pour les comparaisons internationales, la mesure en volume n’est pas utilisée, car celle-ci ne tient pas compte de la richesse du pays.

- Taux d’investissement : ( FBCF /V.A brute ) x100

Ce calcul est assez révélateur de l'effort fourni par un pays pour investir.

- Taux de variation de l’investissement : ((Ia-Id ) /Id)x100 en volume

à ne pas confondre avec le taux d'investissement (ils s'expriment tous les 2 en %)

3) L’évolution de l’investissement

Quand on cherche à préciser l’évolution de l’investissement, il faut distinguer les points de vue quantitatif et qualitatif.

a) D’un point de vue quantitatif

L’évolution de l’investissement a connu des hauts et des bas. Il n’y a pas d’évolution régulière de l’investissement. Selon les différents pays, l’effort d’investissement n’est pas le même : des pays investissent plus que d’autres.

 

Document 10 p98 : ce document montre le taux d’investissement entre 1950 et 1995 du Japon, des Etats-Unis, de la France et de l’Allemagne .

Le Japon a fait des efforts considérables pour investir. Ce fort investissement du Japon (taux d'investissement toujours supérieur à 30% )s’explique par le retard du pays à la fin de la guerre. L’Etat ( MITI ) a aussi poussé l’investissement en intervenant. Il y a aussi une forte volonté d’innovation notamment avec le toyotisme où la recherche de compétitivité est primordiale .

Les Etats-Unis, eux, investissent moins (taux d'investissement toujours inférieur à 20%) ainsi ils pratiquent une croissance extensive qui favorise l’emploi. Le faible taux d’investissement expliquerait le taux de chômage bas.

En France et en Allemagne, la croissance du taux d’investissement a surtout lieu entre 1960 et 1973 ( en France, le taux d'investissement passe de moins de 20 % à 28 %). Avec l’apparition de la crise, on constate que le taux d’investissement baisse (cf doc14 p102 ). Depuis la crise, il y a une baisse du taux d’investissement jusqu’en 1983. De 1983 à 1992, il y a une reprise de l’ investissement, mais dès 1992 on assiste à une rechute. (en 1996,le taux d'investissement tombe à 15%)

Cette évolution de l’investissement renvoie à la notion de cycles. On constate que depuis

les années 1980, la durée d’un cycle devient de plus en plus courte, c’est à dire que l’alternance entre hausses et baisses est plus rapide.

De manière générale, on assiste à un décrochement de l’investissement à partir de 1973, mis à part au Japon. Ainsi, dans les années 1990, on retrouve le niveau d’investissement de fin de deuxième guerre mondiale (phénomène de cloche ).

Dans les années 1990, l’investissement connaît de brutales variations suivant la conjoncture : phénomène d’accélérateur (cf doc1p92 ).

b) D’un point de vue qualitatif

De 1985 à 1994, l’investissement immatériel a eu tendance à augmenter plus vite que l’investissement matériel. En effet, la part de l’investissement immatériel dans l'ensemble de l'investissement est passé de 23% en 1985 à 30% en 1994, ce qui est du à la recherche de compétitivité. L’investissement immatériel est lié au post -fordisme. Lorsque une entreprise investit, il lui est difficile de dissocier l’investissement immatériel et matériel (par exemple l'achat d'une nouvelle machine se traduira par de nombreuses heures de formation). Le changement qualitatif se caractérise par la volonté de trouver des solutions pour la crise du fordisme. Le " package " est la combinaison entre l’investissement immatériel et l’achat de machines.

On doit lier l'essor de l'investissement immatériel à l'investissement dans le capital humain. Cette dernière expression peut paraître inadéquate. En fait elle part du constat que pour beaucoup d'entreprises, les salariés sont une ressource essentielle qui, comme pour le capital, a besoin d'un investissement spécifique pour sa croissance et son entretien. On pense bien sûr à la formation. Bodin soulignait qu"il n'y a de richesses que d'hommes". Les entreprises vont s'attacher à cette ressource, source de revenus futurs. On doit associer le capital humain à la mobilité interne et au marché primaire du travail.

Avec l’apparition de la crise, les entreprises vont privilégier l'investissement de productivité par rapport à l'investissement de capacité pour des raisons de saturation des marchés et de recherche de compétitivité.

B) Les effets de l’investissement

1) Effet sur la croissance
2) Effets sur l'emploi

1) Effet sur la croissance

Il existe un lien entre la F.B.C.F (ou taux d'investissement) et la croissance économique ( cf doc 1 p 92 ) . Soit c'est l'investissement qui engendre la croissance et dans ce cas-là on parle d'effet multiplicateur, soit c'est la croissance qui engendre l'investissement et l'on parle d'effet accélérateur. L'existence d'un effet multiplicateur de l'investissement justifie l'intervention de l'Etat et permet de comprendre la portée de la théorie keynésienne. En effet, au lendemain de la crise de 1929, le gouvernement américain a suivi les principes de la théorie keynésienne qui consistait à dire que pour sortir du sous-emploi durable, l'Etat devait intervenir en lançant des grands travaux, c'est à dire en investissant. Les raisons de l'investissement se trouvent dans l'effet multiplicateur. Cet effet multiplicateur de l'investissement est un effet de revenu, c'est à dire que l'investissement va augmenter le revenu des ménages. Quant l'Etat investit, il va contribuer à une production supplémentaire (voire même des créations d'emploi). L'Etat va employer plus de main d'oeuvre et favoriser une plus forte utilisation des machines (origine de nouveaux revenus). La production va augmenter, ainsi que les revenus des salariés. L'investissement va donc avoir un effet multplicateur. Avec l'augmentation des revenus, les ménages vont consommer mais aussi épargner. Ainsi Keynes pense que si les revenus augmentent la propension marginale à épargner va aussi s'accroitre. Il faut donc soutenir les bas revenus car ils consomment davantage.

exemple :

Propension marginale à consommer = (variation relative de C):(variation relative de R)

soit la propension marginale à consommation est égale à 0,8 :

soit un investissement autonome de 100. Cet investissement induit une variation des revenus de 100 et donc une variaton de C = 80. [la propension à consommer est supérieure à la propension à épargner (20%)]. Cette hausse de la consommation doit inciter à produire plus et à embaucher. Donc l'augmentation des revenus entraine l'augmentation de la consommation qui elle-même permet d'accroitre la production. Cela s'interrompt lorsque l'épargne additionnelle est égale à l'investissement.

investissement autonome 100 variation de la production = variation du revenu variation de la consommation variation de l'épargne des ménages
100 80 20
80 64 16
64 51.2 12.8
51.2 40.96 10.04
40.96 32.77 8.17
total = 336.16 268.9 67.3

 

          variation du revenu =  k X variation de I

  Pour 5 périodes : 336.16 = k.100

                            k = 336.16 /100 = 3.36

En fait ce multiplicateur tend vers (pour un nombre infini de périodes) :

                            k = 1/proportion marginale à consommer =1/0.2

                            k = 5

  L’investissement a un effet multiplicateur sur la croissance. Cet effet multiplicateur est fonction de la propension à consommer. Donc si les ménages ont tendance à épargner, l’effet multiplicateur connaît alors une baisse. Pour favoriser la croissance, il faut donc encourager la consommation et pénaliser l’épargne.L'évolution de l'emploi mise en rapport avec l'évolution de la population active va entrainer une hausse ou une baisse du chômage.         

     Ceci montre que l’investissement ne peut pas résoudre le chômage. Cette intervention de l’Etat repose sur l’utilisation du déficit budgétaire ( dépense budgétaire > recette budgétaire ). En augmentant l’investissement l’Etat use du déficit budgétaire ; pour cela l’Etat utilise par exemple les grandes entreprises nationales ( G.E.N ) qui lui servent à investir. Ceci a un effet moteur sur la croissance.

     Ceci montre que l’investissement ne peut pas résoudre le chômage. Cette intervention de l’Etat repose sur l’utilisation du déficit budgétaire ( dépense budgétaire > recette budgétaire ). En augmentant l’investissement l’Etat use du déficit budgétaire ; pour cela l’Etat utilise par exemple les grandes entreprises nationales ( G.E.N ) qui lui servent à investir. Ceci a un effet moteur sur la croissance.

Cependant, on peut penser que le déficit budgétaire pose problème car il augmente les dettes de l’Etat.

  On en vient à se demander s'il ne serait pas ainsi malsain de favoriser la croissance par le déficit. Toutefois pour Keynes, ce n'est pas le cas car le déficit engendre l’augmentation des revenus conformément au principe du multiplicateur de revenus.

  On en vient à se demander s'il ne serait pas ainsi malsain de favoriser la croissance par le déficit. Toutefois pour Keynes, ce n'est pas le cas car le déficit engendre l’augmentation des revenus conformément au principe du multiplicateur de revenus.

ainsi on a :

Déficit budgétaire --> variation + du I --> variation + du R --> variation + des Impôts --> variation + des recettes de l’Etat  --> résorbtion du déficit budgétaire..

   Cependant ce mécanisme multiplicateur connaît des limites :

·     A cause de la fuite de l’épargne : le mécanisme suppose que les ménages consomment plus qu’ils n’épargnent.

         k = variation de la production / variation de I = 1 / proportion marginale à consommer

      L’effet de l’investissement sur la croissance est freiné par l’épargne des ménages. On en vient à la conclusion qu’il vaut mieux favoriser les bas revenus que les hauts puisqu’ils ont une propension marginale à consommer plus importante (loi psychologique de Keynes).

·     A cause de la fuite des importations : il en est de même pour l’importation.

     Cependant cette fuite peut être évitée s’ il est mis en place des mesures de protection ( ex : droits de douanes, dévaluation de la monnaie ), ce qui est rendu difficile avec notre appartenance à l’Union Europénne ou alors il nous faut être plus compétitif (ex : baisse des prix, produits de qualité). C'est ce que nous tendons à être aujourd'hui. (thème de la disparition de la contrainte extérieure).. 

        

· A cause d'un taux d'utilisation des capacités de production élevé : il se peut que les entreprises soient en pleine capacité de production. Dans ce cas, l'effet multiplicateur est nominal ( tensions inflationnistes ) d'où l'importance du mécanisme d'accélérateur. Cette dernière limite nous permet de comprendre la courbe de Phillips. L'effet multiplicateur de l'investissement tend à réduire le chômage d'un côté mais il crée des tensions inflationnistes de l'autre..

    courbe de Phillips

 

                         

Pour éviter cette augmentation de l’inflation, il faut considérer le phénomène de l’accélérateur, puisque l’augmentation de la demande entraîne une augmentation de l’investissement et donc un phénomène de désinflation.

2) Effets sur l'emploi

Pour comprendre l'effet de l'investissement sur l'emploi, il est utile de distinguer l'investissement de capacité de l'investissement de productivité.

L'investissement de capacité a des effets quantitatifs positifs sur l'emploi. Le mécanisme du multiplicateur d'investissement présenté ci dessus permet de les comprendre.

L'investissement de productivité a des effets plus complexes, à la fois quantitatifs et qualitatifs, sur le court terme et sur le long terme.

on se reportera à l'analyse de la relation entre productivité et emploi.

C) Les déterminants de l’investissement

notes de cours proposées par Christophe et Pierre - 703 - année scolaire 1999/2000

 

Copyright © 1998 [lycée Sud Médoc]. Tous droits réservés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

accueil

communiquer  
Donnez votre avis

Webses

modules externes

pour en savoir plus sur Webses
formulaire de saisie du cours
formulaire de saisie de la fiche de lecture
le convertisseur Euro (sur le site du Monde)