édito
 

IMAGES DE FEMMES - projet PAC - 2002/2003

 

Un projet prend souvent naissance à cause d'une rencontre. ce fut le cas pour nous et nous avons très vie eu envie de travailler ensemble sur l'image de la femme. Nous avons choisi de le faire avec la classe de première bac secrétariat du lycée professionnel Marcel Dassault de Mérignac, parce que nous trouvions que les classes du secteur tertiaire étaient souvent délaissées pour tout ce qui est projet culturel. Nous avons obtenu ll'aide financière de la Drac et du Rectorat dans le cadre d'un projet PAC et nous nous sommes mis au travail en 2002-2003.

Sous la responsabilité de Monique Diand, professeur de lettres, histoire-géographie et de Françoise Goirand, professeur d'arts appliqués, deux intervenants sont venus travailler avec les élèves. Notre premier contact fut Astrid Llado, responsable culturelle du centre Malagar de Saint Maixant qui nous a fait rencontrer Marc Petska, écrivain. Il est venu diriger un atelier d'écriture avec Monique Dinand avec la bienveillante collaboration de notre documentaliste Serge Goujon. le travail s'est poursuivi avec Anne Vizzavona, sculpteur, qui a guidé les élèves dans un travail de sculpture, les initiant à la technique du modelage.

L'idée était de faire travailler les élèves, des filles dans cette classe, sur les différentes images de femmes donnés par les écrivains dans la littérature française et étrangère et de les conduire à créer leur propre personnage féminin, avec son identité et son histoire, et de les mettre en mots et en image à travers l'écriture d'une nouvelle et la réalisation d'une sculpture. nous pouvons regretter de ne pas avoir pu voir de représentation de la femme par de jeunes gens. leur regard aurait pu aussi être très intéressant.

  • Les élèves ont commencé l'année en lisant et étudiant en cours de français, avec Monique Dinand, plusieurs ouvrages litérraires. Le point de départ a été l'étude de la Vénus d'Ille de Mérimée et d'un groupement de textes fantastiques mettant en scène des personnages féminins. les élèves se sont ensuite intéressées à l'oeuvre de François Mauriac au travers du roman Génitrix.
  • Marc Petska a pris le relai en organisant 5 ateliers d'écriture, au CDI, au cours desquels il a demandé aux élèves d'imaginer un personnage féminin avec sa personnalité, son physique, son environnement et son vécu. Elles ont ainsi rédigé une série de nouvelles mettant en scène une femme.
  • Il a fallu ensuite trouver comment arriver à figurer l'âme et les sentiments de chacune de ces femmes imaginaires en travaillant sur leur représentation physique, leurs attitudes, leurs sentiments, leurs vêtements. Ce ne fut pas une mince affaire que de savoir comment représenter la tristesse, la peur, la grâce ou les complexes de tous ces personnages. Deux heures de débats animés : "Comment peut-on se tenir quand on est désespérée , quand on a honte, quand on se plaît ... ?". " Quelles expressions peut-on avoir quand on a peur, quand on est amoureux, quand on veut changer de vie ... ?". "Peut-on représenter ce sentiment de façon symbolique, métaphorique ... ?" C'est ce à quoi on s'est attelé en arts appliqués avec la complicité de Françoise.
  • Nous avons enfin découvert ces femmes. D'abord sur le papier au fil des dessins qui se construisaient. Puis elles ont émergé des masses de terre glaise posées devant chacune de nos apprentis sculpteur. Il fallait voir leurs têtes devant ces blocs informes, collants et pâteux posé devant elles, sur la table, se demandant comment elles pourraient bien en sortir quelque chose de reconnaissable. A forme de tirer, pousser, couper la matière, avec les conseils constants et rassurantsd'Anne Vizzavona, les personnages ont émergé comme par magie de nulle part. En êtes-vous sûrs ? Le plus magique est que chacune de ces nouvelles femmes portaient en elles un peu, ... beaucoup de leurs créatrices, au point de leur ressembler. Etonnant !
  • La dernière scèance du travail d'écriture s'est déroulée, pour les dernières mises au point, une fois les sculptures achevées, au Centre Malagar, lors d'une belle journée de printemps. Au cours de la visite de la maison François Mauriac nous avons pu retrouver avec étonnement les lieux que nous avions découverts lors de la lecture de Génétrix, notamment la cuisine. Nous avons ensuite pu imaginer François Mauriac, au travail avec sa femme dans le salon. Ce furent des moments magiques et précieux. Cet environnement apaisant nous permit de mieux digérer la noirceur de la plupart de ces vies de femmes, inventées par nos élèves. Nous les avons tous découvertes lors d'une lecture commune. Nous osons espérer, mesdemoiselles que ce ne sont pas là, le reflet de vos réels états d'âme mais un bien utile exorcisme de ce que peut être une vie de femme, ... des vies bien rudes ... mais la vie n'est-elle pas trop souvent ainsi ?
  • Point final : la cuisson. Merci à Marie France Palenca qui a enfourné nos scultures et leur a fait subir l'épreuve du feu. Nos femmes ont encore plus de force, de résistance, une jolie matière prend naissance. Certaines de nos aventurières subissent des "coups de feu". Pour certaine, on est un peu décus. Mais est-ce un hasard que les flammes marquent le visage de cette sculpture, mi-ange, mi-démon ?
  • Mai 2003 ! Le grand jour est enfin arrivé ! Départ pour Pau, fiers de nos oeuvres, pour participer au Festival des Lycéens. Là aussi, ce fut une belle aventure. Malgré la pluie, nous avons pu voir tant d'autres jeunes, créatifs, enthousiasmes, chargés de trac puis de joie. Musique, théâtre, mode, sport, art de la rue ... que de façons de s'exprimer, de faire ensemble, de montrer et de donner ... Deux jours ça passe vite ... Nous revenons confier nos bébé à Serge Goujon, notre documentaliste pour une dernière exposition avant la fin de l'année. "Les autres" les regardent, nos cops, nos profs. Ils les trouvent belles, parfois torturées, nous le disent ... Encore du bonheur !

Faut-il regretter de ne pas avoir eu un peu plus de temps pour fignoler, améliorer un visage, une expression ? Nous avons poutant grapillé les heures partout où nous pouvions, les élèves revenant même travailler avec d'autres classes quand elles étaient libres. Faut-il ne retenir que le bonheur de la création après le parcours du combattant que représente l'organisation et lla réalisation d'un tel projet ? Oui, je crois pour avoir l'énergie de recommencer l'année suivante, pour continuer à vibrer ...

Merci à tous et à toutes, lycéennes, intervenants, attachée culturelle, documentaliste et profs, aide-éducateur et CPE pour votre énergie créatrice, votre passion, vos exigences, votre ténacité, votre gentillesse et votre bonne humeur. Cette aventure c'est passée dans le bonheur, dans l'échange et la complicité. Nous avons tous été récompensés et j'en suis sûre en sommes sortis transformés.

 
 
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