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SOMMAIRE
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I - Les langues vivantes sont particulièrement concernées par le développpement des TICE
L'enseignement des langues vivantes a beaucoup à
gagner d'une utilisation maîtrisée des TIC. Notons tout d'abord
que l'intérêt que leur porte notre discipline n'est pas à
proprement parler nouveau. Depuis de nombreuses années, les apports
des technologies permettant la confrontation des élèves
à des documents authentiques, iconographiques, sonores ou audiovisuels,
ont été mis à profit. Magnétophones, magnétoscopes
ou encore laboratoires de langues n'ont rien perdu de leur efficacité
pédagogique même si le multimédia apporte une interactivité,
des possibilités d'individualisation du travail et une souplesse
accrues. Le mouvement présent s'inscrit dans une continuité
qu'explique en grande partie la nature même de notre enseignement.
En effet, comme le précisent les Instructions Officielles, connaître
une langue vivante étrangère c'est la comprendre sous ses
formes écrite et orale, c'est également savoir l'utiliser
comme moyen d'expression écrit et oral. Dans cette perspective,
l'utilisation alternative et complémentaire de supports écrits,
sonores, visuels et audiovisuels s'impose tout naturellement. Les TIC
offrent à cet égard des possibilités jusqu'alors
inégalées et qui vont encore s'accroître. Au-delà
des ressources pédagogiques qu'offre la messagerie électronique,
les TIC permettent de simuler, et ainsi de préparer, le contact
direct avec des interlocuteurs étrangers; elles permettent également
d'élargir et de diversifier la gamme des supports utilisés
facilitant ainsi la mise en oeuvre d'une pédagogie différenciée,
envisageable aussi bien de manière synchronique que diachronique.
Dans le premier cas, le professeur peut susciter simultanément
des activités convergentes à partir de supports variés;
dans le second il propose successivement à l'ensemble du groupe
des supports différents, assurant entre autres la prise en compte
de la pluralité des profils d'apprentissage. Sous réserve
d'un usage pertinent, les bénéfices en sont multiples: meilleure
réponse à l'hétérogénéité
des publics, stimulation de l'intérêt et accroissement de
la motivation, etc. ; les élèves en difficulté peuvent
aussi , par de nouvelles entrées, trouver de nouvelles chances.
Faut-il insister sur le fait que l'accès à ces diverses
supports n'exclut en rien l'écrit, bien au contraire ? Faut-il
souligner que nombre d'éléments extra linguistiques véhiculés
par ces documents contribuent à l'enrichissement culturel des élèves
? Les exigences d'authenticité et de variété se trouvent
pleinement satisfaites. II - Apprentissage autonome ou enseignement collectif ? Le multimédia et Internet évoquent le plus
souvent l'image exclusive d'un élève seul face à
son écran. D'où certaines ambiguïtés concernant
le type d'apprentissage et le rôle du maître. C'est ainsi
que l'on cite parfois en exemple le cas d'adultes éduqués
et motivés qui, par goût de l'étude ou en raison de
contraintes professionnelles fortes, parviennent seuls à maîtriser
une langue étrangère dans des délais relativement
brefs, en ayant recours aux TIC. Il convient d'être clair à
cet égard. L'enseignement scolaire est de nature totalement différente,
ne serait-ce qu'en raison des effectifs - il s'agit d'un enseignement
de masse - ou du degré de motivation des élèves.
Le professeur n'est plus le seul détenteur du savoir et l'unique
référence linguistique mais son rôle n'en reste pas
moins primordial. Il doit tirer les conséquences de cette nouvelle
situation pédagogique. Les professeurs dans leur ensemble n'y parviendront
cependant que si une formation leur est offerte dont le contenu doit porter
en priorité non sur les aspects techniques ou la découverte
des outils mais sur les questions posées par l'intégration
de ces outils dans l'ensemble du dispositif d'enseignement des langues
vivantes. A cet égard, le nombre croissant d'actions de formation
initiale ou continue qui abordent ces aspects incitent à l'optimisme. En se référant aux pratiques actuelles et
aux exigences de l'institution, il est possible de fixer un cadre général
à l'utilisation des TIC. III - Quelles utilisations ? Dans un domaine en plein développement, il serait présomptueux de vouloir dresser un inventaire détaillé des pratiques. D'une part, rien ne garantit que les observations faites à ce jour couvrent l'ensemble des expériences en cours, d'autre part de nouvelles évolutions, dont il est bien difficile de prévoir la nature, se produiront inévitablement et rien n'autorise à prendre le risque de figer l'avenir. Aussi parait-il raisonnable de se limiter à quelques orientations proposées à titre indicatif. Le professeur représente l'élément
moteur du dispositif Sans lui, rien de déterminant ne peut se faire.
Les TIC lui permettent, quel que soit le lieu où il exerce, de
rester en contact étroit avec le ou les pays dont il enseigne la
langue. Par le truchement des chaînes de télévision
étrangères, des cédéroms ou encore d'Internet
il peut non seulement maintenir mais enrichir et diversifier sa formation
linguistique et culturelle initiale. L'utilisation de ces outils pour
des besoins personnels assure un minimum de maîtrise de leur maniement
sans lequel aucune exploitation avec des élèves n'est envisageable.
Dans le même temps, s'ouvre à lui une source de supports
d'enseignement extrêmement riche même si les problèmes
de droits en limitent encore le volume exploitable. Il n'est pas douteux
enfin que le recours à ces supports nouveaux favorise le travail
en équipe. Le caractère collectif de la démarche
et la mutualisation des acquis seront d'autant plus marqués que
des possibilités d'accès et de consultation seront organisées
dans l'établissement. . en amont, par une petite équipe qui va présenter son travail à la classe pour introduire la séquence (recherche à domicile ou au CDI en suivant des pistes données), ou par tous les élèves en échange épistolaire de demande d'information. . en accompagnement du travail mené en classe : un document central sert de pivot à toute la classe, et des éclairages périphériques sont codés à des groupes. Six élèves peuvent travailler en autonomie en salle informatique selon la formule apparemment la plus utilisée par nos collègues américains : la chasse au trésor sur des adresses préparées. Un autre groupe planche sur des documents iconiques ou autres avec l'assistant(e), un troisième groupe est, par exemple, au laboratoire de langues avec le professeur pour explorer des documents oraux. Cette approche réellement multimédia converge avec la frise en commun des pièces du dossier. Les internautes auront rédigé des notes de synthèse et les auront postées au professeur qui les photocopie; elles seront distribuées à toute la classe et présentées oralement par le groupe concerné. Idem pour les autres. . en aval dans une phase d'approfondissement ou d'exploitation : il peut s'agir de développements (documents complémentaires), d'ouverture vers des sujets collatéraux, d'expression : le thème et son lexique étant maîtrisés, le moment est venu de s'en servir à des fins de communication réelle. On peut alors rejoindre un forum de discussion et échanger avec d'autres élèves ailleurs dans le monde, ou leur envoyer une production élaborée par courrier électronique. Dans de telles perspectives les nouveaux outils apportent souplesse et variété qu'il s'agisse de multimédia, alimentés par cédéroms ou Internet - après captage de sites pertinents ou plus rarement en direct - , accessibles collectivement par le biais d'un vidéo projecteur, d'une tablette de rétroprojection ou installés en batterie dans une salle spécifique . Pour les travaux de groupe, ils favorisent la pratique d'une pédagogie différenciée visant à réduire l'hétérogénéité, à encourager l'autonomie. Au total, ils contribuent à diversifier supports et activités, en classe et en dehors de la classe. Il n'en reste pas moins que les perspectives les plus prometteuses
sont ouvertes par les expériences qui, dans le cadre d'un projet
structuré, combinent travail individuel, en petit groupe et en
classe entière, et conjuguent des technologies différentes
et complémentaires. Voici un exemple, développé à
partir d'observations sur le terrain. Une classe de seconde reçoit
comme objectif de réfléchir au 'lycée idéal.'
Pour ce faire, une classe similaire, dans le pays dont on étudie
la langue est contactée pour conduire la même expérience
en parallèle. Le travail initial, en classe entière, prend
appui sur des documents divers, écrits, iconographiques, audio,
vidéo, ou multimédia (logiciels adaptés, cédéroms
ou Internet) et permet aux élèves de prendre conscience
que leurs homologues étrangers ne poursuivent pas leurs études
dans les mêmes conditions qu'eux. Ces activités, conduites
en commun, permettent également de mettre en place un minimum de
moyens d'expression (lexique, structures). A ce stade, commence un travail
en petits groupes spécialisés sur tel ou tel aspect du problème
: les locaux, l'organisation de la journée, de la semaine, de l'année,
les contenus, les méthodes, le travail personnel, les examens etc.
Les matériaux nécessaires peuvent être trouvés
de diverses manières : ressources documentaires habituelles (papier
ou vidéo), Internet, correspondance par messagerie électronique
ou encore visio-communication avec les élèves du lycée
étranger partenaire. Cette phase de récolte de l'information
et de mises au point factuelles et linguistiques conduit à des
échanges motivés qui peuvent prendre des formes multiples
: orale, écrite, dans le cadre de la classe ou en liaison avec
la classe étrangère. La phase finale débouche sur
une synthèse écrite et/ou orale confrontée, par messagerie
électronique ou visio-communication, à celle des élèves
étrangers. Au total, l'intégration d'outils multiples dans
le cadre d'un projet stimulant et formateur conduit à une meilleure
connaissance du système éducatif étranger et par
là même à une meilleure appréhension de celui
de l'élève, et donne lieu à un entraînement
linguistique en véritable situation de communication. IV - Espaces et outils. L'apprentissage des langues vivantes passe par l'acquisition progressive de savoir-faire. Le public ne s'y trompe pas qui attend des élèves qu'ils soient capables de comprendre, parler, lire et écrire la langue étudiée. Tels sont les objectifs que se donne l'institution. Or ces objectifs ne peuvent être atteints que dans la mesure où les élèves ont la possibilité de pratiquer abondamment et activement la langue. Et l'utilisation des TIC, à cet égard, ouvre des perspectives prometteuses. Pour s'être inscrits dans une logique de rupture,
certains apports technologiques (le laboratoire de langue par exemple)
ont conduit à des résultats très en deçà
des attentes et des possibilités réelles offertes par ces
outils. C'est pourquoi il paraît préférable de privilégier
une logique d'enrichissement et d'intégration mettant à
profit la complémentarité des ressources anciennes et des
développements récents sans solution de continuité.
Le critère déterminant, en tout état de cause, devant
rester l'efficacité jugée à l'aune des résultats
obtenus. La démarche intégrative décrite plus haut milite en faveur de la mise en place dans chacune des salles consacrées aux langues vivantes d'une gamme d'outils aussi complète que possible Même si toutes ne disposent pas d'emblée du même degré d'équipement elles deviennent ainsi un lieu à la fois spécialisé et polyvalent, susceptible d'accueillir aussi bien activités collectives qu'activités individualisées. Pour que ce dispositif soit complet, il importe que les enseignants disposent d'un local comparable au cabinet de physique où ils pourront, individuellement ou collectivement, se familiariser avec les documents audio, vidéo, multimédia et Internet et en préparer l'exploitation pédagogique. Dans le même esprit, les élèves auront accès à des équipements similaires, en libre-service, dans ou à proximité du CDI. Conclusion La réflexion actuelle sur les langues vivantes met en relief à la fois leur importance dans la formation des élèves et la spécificité de leur enseignement par rapport à celui des autres disciplines. L'amélioration de l'efficacité de cet enseignement dans nos établissements passe, entre autres, par une prise en compte rationnelle des besoins en équipement de l'ensemble des lieux consacrés aux langues vivantes. C'est ainsi que chaque établissement devrait tendre à créer un secteur spécialisé consacré aux langues vivantes et constitué d'un complexe de locaux diversifiés aux équipements complémentaires. Ce dispositif doit permettre l'acquisition effective de savoir faire et assurer continuité et cohérence dans les entraînements proposés. Les diverses technologies à notre disposition doivent toutes y trouver leur place et leur intégration doit satisfaire à ces mêmes exigences. de continuité et de cohérence. A ces conditions, les TIC contribuent sans aucun doute
à améliorer l'efficacité de l'enseignement des langues
vivantes. On peut en attendre entre autres un accroissement de la motivation,
une meilleure authenticité, une ouverture plus grande vers l'extérieur
et une individualisation plus satisfaisante de l'apprentissage. ° |