GEORGES BIZET (1837-1875)
CARMEN Opéra en 4 actes composé en 1875

 

LE PRÉLUDE
ACTE I
ACTE II
ACTE III et ACTE IV

 

Au soir de la "première" de Carmen, le 3 mars 1875, Bizet connut un échec. Ni le public, ni les critiques ne comprirent la valeur de cette œuvre. Ce n'est qu'après la mort de Bizet , ( 3 mois jour pour jour après la première représentation) le 3 juin 1875 que son génie fut reconnu.

Le livret, tiré d'une nouvelle de Prosper Mérimée par Meilhac et Halévy, nous conte l'histoire d'une bohémienne andalouse, fantasque et passionnée, qui vit sans contraintes et entraîne avec elle un brigadier, qu'elle abandonnera pour un toréador..

ANALYSE :

LE PRELUDE

Il est composé de 2 parties :

+ le thème vif du défilé qui précède la corrida, joué dans une ambiance bouillonnante par l'orchestre symphonique :

 

+ le thème mystérieux de Carmen, symbole de fatalité, d'amour et de mort :

ACTE I

L'action se déroule à Seville aux environs de 1820. Une jeune fille de Navarre, Micaëla, recherche le brigadier Don José. Les soldats lui disent qu'il arrivera avec la relève de la garde. La fanfare qui annonce la garde montante retentit à la trompette et aux fifres (piccolos), auxquels se joignent les voix aiguës des enfants:

Une cloche sonne, c'est la sortie des cigarières de la manufacture. La plus connue et la plus belle d'entre elles apparaît, elle est entourée de soupirants, c'est Carmen.

Elle interprète la célèbre Habanera : " l'amour est enfant de Bohème"

Don José semble indifférent à la danse de Carmen, celle-ci lui lance la fleur qu'elle porte au corsage(+ le thème de la fatalité retentit à l'orchestre) ; puis le chœur reprend le thème de la Habanera. Resté seul, Don José contemple la fleur.

Sur ces entrefaites arrive Micaëla qui vient lui apporter une lettre de sa mère. Ils chantent un tendre duo qui libère momentanément Don José du charme de Carmen.

Soudain un grand tapage se fait entendre dans la manufacture : Carmen a blessé au couteau une de ses rivales. Arrêtée par la garde, elle est interrogée par Zuniga qu'elle nargue. Conduite en prison par Don José, elle tente de le séduire, en lui disant qu'il l'aime et qu'il la rejoindra chez Lilas Pastia pour danser la Séguedille.

+ Troublé, Don José dénoue les liens de Carmen, qui n'a plus qu'à s'enfuir.

ACTE II

L'acte II s'ouvre sur la taverne de Lilas Pastia, Carmen danse une séguedille endiablée avec ses compagnes Frasquita et Mercédès, devant les soldats.

Escamillo, le célèbre et prétentieux toréador est annoncé, et son arrivée est acclamée par tous. Carmen est séduite par ce héros qui chante l'air du toréador :

La taverne est le repère de contrebandiers, qui proposent à Carmen de participer à une opération, et sont d'accord pour accepter Don José qui doit la rejoindre ce soir. Don José vient au rendez-vous et se laisse envoûter par la bohémienne. Soudain, les trompettes sonnent, Don José doit retourner à la caserne. La sonnerie des clairons se superpose au thème de la danse de Carmen. Le ton monte, et Don José chante : "la fleur que tu m'avais jetée", tendre romance qui traduit son état d'âme : il est partagé entre son amour et son honneur de soldat. Survient Zuniga qui lui ordonne de rentrer à la caserne. Humilié, Don José se bat avec son lieutenant qui est rapidement réduit à l'impuissance par les contrebandiers. Le choix de Don José est irréversible.

ACTE III

L'acte III s'ouvre sur le campement des contrebandiers. Don José sent que Carmen lui échappe , il devient jaloux et menace même Carmen de mort (+ thème de la fatalité). Frasquita et Mercédès se tirent les cartes qui leur promettent argent et amour, Carmen essaie les tarots qui prédisent la mort pour elle et la mort pour lui.

Les contrebandiers partent et laissent Don José en sentinelle. Micaëla, qui est à sa recherche arrive à proximité. Un coup de feu éclate : Don José a failli tuer Escamillo qui était venu rejoindre Carmen. Les deux hommes s'affrontent au couteau. Don José a le dessus, quand Carmen survient et sauve Escamillo qui l'invite aux arènes de Séville, où il doit se produire. Arrive Micaëla , après une scène pathétique et violente avec Carmen, Don José, le cœur déchiré, décide de la suivre.

ACTE IV

Nous sommes transportés sur la place des Arènes de Séville. Carmen apparaît rayonnante d'amour au bras d'Escamillo.

Frasquita et Mercédès la préviennent que Don José cherche à la voir. Carmen accepte de le rencontrer.

Don José supplie Carmen de reprendre leur vie commune, la bohémienne refuse.

Peu à peu son désespoir se transforme en colère. Dans les arènes, on acclame le toréador. Devant l'inflexibilité de Carmen, Don José, désespéré, la poignarde.

La gradation du désespoir de Don José est traduite, à l'orchestre, avec une puissance émotionnelle et pathétique : accords tendus, silences, crescendo .

Dans un dernier cri d'amour Don José se jette sur le corps de celle qu'il aime : on peut le tuer aussi... Le thème de la fatalité retentit avec force une dernière fois.

 

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