Cette "fantaisie", qui
assure la notoriété d'un Saint-Saëns fort peu
académique, fut écrite en Autriche au début
de 1886, et donnée en première audition le 9 Mars
de la même année à l'occasion du Mardi Gras,
à Paris; puis de nouveau le 2 Avril chez la cantatrice
Pauline Viardot, à l'intention de Franz List : il s'agissait
là de séances privées, - l'auteur ne souhaitant
pas que l'oeuvre fût portée à la connaissance
du public. Plusieurs pages, en effet, sont des parodies musicales
dans lesquelles Saint-Saëns a brocardé des compositeurs
célèbres, voire leurs interprètes; s'y exerce
un humour parfois acerbe, et qui n'est pas forcément injustifié.
Une pièce, toutefois, fut publiée du vivant de l'auteur,
et illustrée par la ballerine Anna Pavlowa : le très
fameux Cygne, - devenu selon les caprices de la danse
"Mort du Cygne. Saint-Saëns ne s'opposa pas à des
exécutions intégrales posthumes : les premières
eurent lieu les 25 et 26 Février 1922, sous la direction
de Gabriel Pierné.
Quatorze pièces
se succèdent :
1.
Introduction et Marche Royale du Lion 2.
Poules et Coqs 3.
Hémiones 4.
Tortues 5.
L'éléphant 6.
Kangourous 7.
Aquarium 8.
Personnages à longues oreilles 9.
Le Coucou au fond des bois 10.
Volière 11.
Pianistes 12.
Fossiles13.
Le Cygne 14.
Finale.
Fossiles :
les "antiquités", - autant de citations qui s'enchaînent
vivement; de la Danse Macabre, - l'auteur se "fossilisant"
lui-même avec esprit; des airs J'ai du bon tabac, Ah
! vous dirai-je maman, Au clair de la lune, sans compter
l'aria de Rosine dans le Barbier de Séville de
Rossini. La Danse Macabre assure le "leitmotiv".
La mélodie du refrain est constituée
de deux parties : une première période suspensive,
jouée par le xylophone; une deuxième période
conclusive, jouée par le premier piano, avec des imitations
par les cordes frottées.
Le
Couplet 1
Le premier couplet est construit autour
de 3 chansons enfantines. On peut ainsi reconnaître
"J'ai du bon tabac", énoncé rapidement
dans le grave du piano, puis avec son miroir à la
main droite, pour être finalement repris de manière
conclusive par les cordes graves. La deuxième chanson
entendue est "Ah! vous dirais-je maman", traitée
en entrées canoniques, depuis le grave vers l'aigu
du piano. La reprise de cette mélodie est pour finir
contrepointée par la troisième chanson "Au
clair de la lune", jouée par la clarinette.
Le
Couplet 2
Le deuxième couplet est à
l'opposé du style du premier. L'écriture employée
est ici celle de la mélodie accompagnée, avec
une partie de clarinette qui se détache nettement
de l'accompagnement joué par le piano en mains alternées.
Dans la seconde partie de ce couplet, le xylophone vient
néanmoins rajouter un motif supplémentaire,
qui n'est autre qu'un bref rappel du rythme du refrain.
BIOGRAPHIE
Enfant prodige extrêmement précoce,
il donne son premier concert avec orchestre à onze
ans et fait sensation en jouant un concerto de Mozart (dont
il restera un grand interprète). Elève tout
d'abord de Stamaty, il entre à 13 ans au Conservatoire,
où il aura comme maîtres Benoist (orgue) et Halévy
(composition). Nommé organiste de Saint-Merry, à
Paris (1853-1857), il succède, à 22 ans, au
célèbre Lefébure-Wély, l'organiste
" officiel " du Second Empire, à la tribune enviée
de la Madeleine. Sa réputation ne fait alors que croître,
et il suscite l'admiration de Berlioz, aussi bien que de Liszt,
qui le saluera comme le "premier organiste du monde". C'est
d'ailleurs à l'initiative de ce dernier que sera créé
son opéra Samson et Dalila à Weimar en 1877.
Il mène alors une carrière officielle, ponctuée
par les honneurs.
Musicien aux dons multiples - il fut aussi
un pianiste virtuose et un remarquable improvisateur à
l'orgue - esprit curieux de tout, écrivain, caricaturiste,
grand voyageur, Saint-Saëns a joué un rôle
exceptionnel dans le renouveau de la musique française,
par son enseignement tout d'abord (il aura comme élèves,
entre autres, Fauré et Messager), et plus encore par
son activité en faveur de la musique nouvelle (il fut
l'un des fondateurs de la Société nationale
de musique (1871), destinée à faire jouer et
à diffuser la musique française). A ce titre,
il peut être considéré comme un jalon
essentiel du renouveau conduisant à Debussy et Ravel.
Son oeuvre, très éclectique
(il a abordé la plupart des grandes formes musicales),
est d'un grand classicisme et d'une perfection parfois un
peu formelle qui la fit longtemps taxer, assez injustement,
d'académique (en France surtout) ; elle se révèle
pourtant séduisante et d'une très grande qualité
d'écriture.
OEUVRES
Musique lyrique
: 12 opéras, dont le plus célèbre, Samson
et Dalila (1877), est le seul qui soit resté au répertoire.
Orchestre
: 5 symphonies (dont deux restées inédites)
; la Troisième, avec orgue (1888), dédiée
à Liszt, est une de ses oeuvres les plus importantes.
Des poèmes symphoniques à la manière
de Liszt, genre dont Saint-Saëns fut le créateur
en France : Danse macabre (1874), Phaëton (1874), le
Rouet d'Omphale (1872). Musique concertante pour piano dont
le célèbre Deuxième concerto (1868) de
tout temps très prisé des virtuoses. 3 concertos
pour violon, et le célèbre Introduction et rondo
capriccioso (1863), cheval de bataille des violonistes. 2
concertos pour violoncelle.
Musique de
chambre : très nombreuses pièces
, dont un étonnant Septuor avec trompette (1881)
Carnaval des
animaux (1886) : une des oeuvres les plus
populaires de la musique française.
Piano
: innombrables pièces pour piano seul (trois cahiers
de six études, dont les dernières pour la main
gauche, valses-caprices...), pour piano à quatre mains
ou deux pianos, Variations sur un thème de Beethoven
pour deux pianos (1874).
Orgue
: deux recueils de Préludes et fugues, Trois Fantaisies.
Mélodies
: plus de 100 mélodies, dont les Mélodies Persanes
(1858).
Musique vocale
sacrée : Requiem (1878), Oratorio de
Noël (1858).
GALERIE
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Saint-Saëns, ainsi que celles de nombreux autres compositeurs
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