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 CAMILLE SAINT-SAENS (1835-1921)

FOSSILES (Extrait du "Carnaval des animaux")

  

 

 

 

HISTORIQUE

Cette "fantaisie", qui assure la notoriété d'un Saint-Saëns fort peu académique, fut écrite en Autriche au début de 1886, et donnée en première audition le 9 Mars de la même année à l'occasion du Mardi Gras, à Paris; puis de nouveau le 2 Avril chez la cantatrice Pauline Viardot, à l'intention de Franz List : il s'agissait là de séances privées, - l'auteur ne souhaitant pas que l'oeuvre fût portée à la connaissance du public. Plusieurs pages, en effet, sont des parodies musicales dans lesquelles Saint-Saëns a brocardé des compositeurs célèbres, voire leurs interprètes; s'y exerce un humour parfois acerbe, et qui n'est pas forcément injustifié. Une pièce, toutefois, fut publiée du vivant de l'auteur, et illustrée par la ballerine Anna Pavlowa : le très fameux Cygne, - devenu selon les caprices de la danse "Mort du Cygne. Saint-Saëns ne s'opposa pas à des exécutions intégrales posthumes : les premières eurent lieu les 25 et 26 Février 1922, sous la direction de Gabriel Pierné.

Quatorze pièces se succèdent :

1. Introduction et Marche Royale du Lion 2. Poules et Coqs 3. Hémiones 4. Tortues 5. L'éléphant 6. Kangourous 7. Aquarium 8. Personnages à longues oreilles 9. Le Coucou au fond des bois 10. Volière 11. Pianistes 12. Fossiles 13. Le Cygne 14. Finale.

Fossiles : les "antiquités", - autant de citations qui s'enchaînent vivement; de la Danse Macabre, - l'auteur se "fossilisant" lui-même avec esprit; des airs J'ai du bon tabac, Ah ! vous dirai-je maman, Au clair de la lune, sans compter l'aria de Rosine dans le Barbier de Séville de Rossini. La Danse Macabre assure le "leitmotiv".

 

 

La version enregistrée

 

 

 

ANALYSE

 

 
Refrain
Couplet 1
Refrain
Couplet 2
Refrain
Fossiles
La Structure
A
A
a
b
c
A
A
d
e
A'
Ecoute Globale
Fichier Midi

 


 

Le Refrain

La mélodie du refrain est constituée de deux parties : une première période suspensive, jouée par le xylophone; une deuxième période conclusive, jouée par le premier piano, avec des imitations par les cordes frottées.

 

Le Couplet 1

 

Le premier couplet est construit autour de 3 chansons enfantines. On peut ainsi reconnaître "J'ai du bon tabac", énoncé rapidement dans le grave du piano, puis avec son miroir à la main droite, pour être finalement repris de manière conclusive par les cordes graves. La deuxième chanson entendue est "Ah! vous dirais-je maman", traitée en entrées canoniques, depuis le grave vers l'aigu du piano. La reprise de cette mélodie est pour finir contrepointée par la troisième chanson "Au clair de la lune", jouée par la clarinette.

 

 

 

Le Couplet 2

Le deuxième couplet est à l'opposé du style du premier. L'écriture employée est ici celle de la mélodie accompagnée, avec une partie de clarinette qui se détache nettement de l'accompagnement joué par le piano en mains alternées. Dans la seconde partie de ce couplet, le xylophone vient néanmoins rajouter un motif supplémentaire, qui n'est autre qu'un bref rappel du rythme du refrain.

 

 

 

 

BIOGRAPHIE

Enfant prodige extrêmement précoce, il donne son premier concert avec orchestre à onze ans et fait sensation en jouant un concerto de Mozart (dont il restera un grand interprète). Elève tout d'abord de Stamaty, il entre à 13 ans au Conservatoire, où il aura comme maîtres Benoist (orgue) et Halévy (composition). Nommé organiste de Saint-Merry, à Paris (1853-1857), il succède, à 22 ans, au célèbre Lefébure-Wély, l'organiste " officiel " du Second Empire, à la tribune enviée de la Madeleine. Sa réputation ne fait alors que croître, et il suscite l'admiration de Berlioz, aussi bien que de Liszt, qui le saluera comme le "premier organiste du monde". C'est d'ailleurs à l'initiative de ce dernier que sera créé son opéra Samson et Dalila à Weimar en 1877. Il mène alors une carrière officielle, ponctuée par les honneurs.

Musicien aux dons multiples - il fut aussi un pianiste virtuose et un remarquable improvisateur à l'orgue - esprit curieux de tout, écrivain, caricaturiste, grand voyageur, Saint-Saëns a joué un rôle exceptionnel dans le renouveau de la musique française, par son enseignement tout d'abord (il aura comme élèves, entre autres, Fauré et Messager), et plus encore par son activité en faveur de la musique nouvelle (il fut l'un des fondateurs de la Société nationale de musique (1871), destinée à faire jouer et à diffuser la musique française). A ce titre, il peut être considéré comme un jalon essentiel du renouveau conduisant à Debussy et Ravel.

Son oeuvre, très éclectique (il a abordé la plupart des grandes formes musicales), est d'un grand classicisme et d'une perfection parfois un peu formelle qui la fit longtemps taxer, assez injustement, d'académique (en France surtout) ; elle se révèle pourtant séduisante et d'une très grande qualité d'écriture.

 

 

OEUVRES

Musique lyrique : 12 opéras, dont le plus célèbre, Samson et Dalila (1877), est le seul qui soit resté au répertoire.

Orchestre : 5 symphonies (dont deux restées inédites) ; la Troisième, avec orgue (1888), dédiée à Liszt, est une de ses oeuvres les plus importantes. Des poèmes symphoniques à la manière de Liszt, genre dont Saint-Saëns fut le créateur en France : Danse macabre (1874), Phaëton (1874), le Rouet d'Omphale (1872). Musique concertante pour piano dont le célèbre Deuxième concerto (1868) de tout temps très prisé des virtuoses. 3 concertos pour violon, et le célèbre Introduction et rondo capriccioso (1863), cheval de bataille des violonistes. 2 concertos pour violoncelle.

Musique de chambre : très nombreuses pièces , dont un étonnant Septuor avec trompette (1881)

Carnaval des animaux (1886) : une des oeuvres les plus populaires de la musique française.

Piano : innombrables pièces pour piano seul (trois cahiers de six études, dont les dernières pour la main gauche, valses-caprices...), pour piano à quatre mains ou deux pianos, Variations sur un thème de Beethoven pour deux pianos (1874).

Orgue : deux recueils de Préludes et fugues, Trois Fantaisies.

Mélodies : plus de 100 mélodies, dont les Mélodies Persanes (1858).

Musique vocale sacrée : Requiem (1878), Oratorio de Noël (1858).

 

 


GALERIE

 

Violon
Alto
Violoncelle
Contrebasse
Clarinette
Xylophone

 

Pour retrouver la biographie de Camille Saint-Saëns, ainsi que celles de nombreux autres compositeurs français : cliquer ici

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