Collège Jean Pujo, Baigorry
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Lettres imaginaires de Poilus de la vallée de Baïgorry

Les classes de troisième du collège ont rédigé ces lettres comme projet final de leur EPI "Les poilus de la vallée de Baïgorry dans la grande guerre".

Découvrez ici leur travail.

Le 11 novembre : la mémoire est transmise

Depuis 2012 et la disparition des derniers Poilus, le 11 Novembre commémore tous les morts de la guerre que ce soit en France, en Belgique ou au Canada. Avec 1,4 million de tués, la guerre de 1914-1918 fut cruelle et absurde. Plus jamais ça, a-t-on coutume de dire à son sujet.

Mais le 11 Novembre est aussi un jour marqueur de notre identité. En participant à cette cérémonie, Denovan Brice, Léo Joyeux et Brigitte Tambourin se sont faits acteurs de leur citoyenneté et ont activé la mémoire de notre nation. C'est avec les jeunes que nous construisons notre avenir. Nos jeunes ont parlé aux anciens alors qu'habituellement ce sont ces derniers qui évoquent le passé avec les générations d'aujourd'hui.

La commémoration de vendredi a rendu hommage aux sacrifices de ces soldats qui nous permettent aujourd'hui de vivre libre dans une démocratie. Le travail de mémoire fait en classe permet la consolidation de la conscience nationale à une époque où le service militaire n'existe plus. Il donne un sens à la jeunesse qui est l'héritière des valeurs que les soldats ont défendu dans les tranchées.

En prenant publiquement la parole, Denovan, Léo et Brigitte ont assuré la transmission de la mémoire collective et la lutte contre l'oubli. Au delà, ils ont rendu hommage à toutes les victimes des guerres, et même à celles du Bataclan et de Nice.

En étudiant les morts de la vallée de Baigorry, les deux classes de 3ème se sont appropriées l'histoire locale, ont partagé des moments forts, ont renforcé la citoyenneté et créé un lien entre les générations. En présentant les soldats morts, nos élèves se valorisent, vainquent leur timidité, changent de comportement, se construisent une personnalité. Ils s'intègrent à la nation en partageant des noms, des valeurs, en rappelant la dette dont nous sommes tributaires vis-à-vis de nos aïeux. Cette commémoration a un sens politique, nous donne une force (en particulier par le chant de la Marseillaise) parce que nous ne sommes plus seuls. Nous sommes un peuple qui construit son avenir à partir de son passé dont nous nous imprégnons pour faire face aux défis actuels auxquels est confrontée la démocratie et trouver des solutions.

Madame Poutçou et moi-même avons tenté de provoquer une prise de conscience chez nos jeunes, de lutter contre l'individualisme, l'indifférence et le matérialisme de notre époque. Il faut leur donner du sens, leur permettre de créer un lien social, les impliquer, les responsabiliser. Les élèves se sentiront ensuite membres d'une communauté nationale à l'image de ces inconnus qui sont venus en aide à leurs compatriotes blessés de Paris et de Nice exactement comme dans l'esprit de fraternité qui régnait au sein des tranchées.

Notre travail est loin d'être terminé. Il nous reste maintenant à creuser les mémoires familiales en échangeant les informations que nous avons recueillies contre des documents (lettres, cartes postales, photographies, papiers militaires...). Nous solliciterons bientôt les maisons où des Poilus sont nés. L'année prochaine, nous comptons aller à Verdun photographier et fleurir là-bas les tombes des Poilus de notre vallée. Nous comptons faire un reportage ensuite et le diffuser autour de nous. Comme le 11 Novembre n'est en aucun la célébration de la victoire, nous fleurirons aussi les tombes d'Allemands qui ont affronté nos valeureux Poilus basques.


Pascal Goñi