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Les Saturnales

SATURNALIA Les Saturnales, grandes réjouissances d’hiver

Les Saturnales étaient pour les Romains une fête très populaire. C’était une sorte de carnaval évoquant l’âge d’or, sur lequel régnait Saturne, et le passage de la vie sauvage à la vie civilisée.

Commencées le 17 décembre, les réjouissances se poursuivaient les jours suivants ; à une époque, elle durèrent jusqu’à sept jours. Sept jours de festin, de beuveries, de cris et de rires. On s’invite, on se fait des cadeaux, on s’offre des chandelles de cire, des figurines de pain ou de terre cuite. C’est le monde à l’envers : les esclaves commandent à leur maître et ceux-ci les servent à table. On ne revêt plus la toge, mais tout le monde porte la tunique, vêtement des pauvres et des esclaves, ainsi que le bonnet de la liberté, ou pileus libertatis, coiffure des esclaves affranchis, c’est à dire libérés. (Ce bonnet, que les modernes ont appelé bonnet phrygien, est tellement devenu le symbole de la liberté que les effigies de la République en sont coiffées.) Une foule exubérante envahit les rues, de nuit comme de jour, aux cris de : Io Saturnalia ! Io bona Saturnalia ! C’est l’allégresse.

Si la fête est bien connue, ses origines sont inexpliquées. Saturnalia vient du nom de Saturnus, le dieu Saturne. C’est un dieu très mystérieux. Les Romains de l’époque classique considéraient qu’il présidait aux activités agricoles. Ils le représentaient une faucille à la main et les pieds attachés par un lien de laine qu’on déliait le jour des Saturnales.

Quel qu’ait été leur aspect romain primitif, Saturne et les Saturnales ont été presque totalement métamorphosés par les influences grecques. Les Romains ont identifié Saturne au dieu grec Cronos, père de Zeus et en ont fait à leur tour, le père de Jupiter. De Grèce est venue également l’idée que Saturne-Cronos avait régné autrefois sur la terre, en un temps où les moissons poussaient toutes seules, et où les hommes étaient tous égaux. Les Romains interprétaient donc leurs Saturnales comme la commémoration de cet âge d’or.

Si l’on considère la date de la fête, située entre deux fêtes des graines (le 15 et le 19 décembre), on peut penser que les réjouissances étaient jadis associées à l’ouverture des réserves, encore intactes et prometteuses d’une abondance inépuisable. Mais la proximité du solstice d’hiver a peut-être aussi un sens. Toutes les civilisations connaissent des fêtes marquées par une explosion de joie et un renversement des usages, et placées à la charnière entre deux années. On peut situer le début de l’année au printemps, et c’est alors la tradition des carnavals. On peut aussi le situer au moment du solstice d’ hiver (quand la durée du jour cesse de diminuer) : ce serait le cas des Saturnales.

Pour unir professeurs et élèves dans un même élan, rien de tel qu’une plongée dans l’ambiance de l’antiquité romaine ! C’est le pari original et réussi par Mmes Essayan, Fenouillat, Lallemand et Larribe, les professeurs de latin et de grec du collège Marguerite de Navarre.

Retrouvez chaque édition des Saturnales !