ppcptvam1 g1 LE COMMERCE TRIANGULAIRE

 

 

«triangulaire ?»

 

 

 

 

 

 

 

Bordeaux, souviens-toi !

Il est évident que ce marché si prospère, générateur de tels rapports, allait rapidement faire naître de nombreuses vocations chez les armateurs et développer d'avides tentations.

Ces profits, acquis en vendant des hommes, vont être à l'origine du développement de grandes fortunes !

Le Port de BORDEAUX

 


Exploitant déjà grandement leurs fertiles territoires coloniaux,

la France et l'Espagne vont vite souffrir du manque de main d'œuvre !

 

Les travail des colons ne suffit plus pour répondre à la forte demande européenne en produits exotiques ! Les bras manquent et la population indigène a disparu depuis la conquête. Il faut donc des Noirs, parce qu'ils résistent mieux que des Blancs à un climat pénible et aux maladies tropicales.
Les avides négociants s'engouffrent avec fougue dans cette voie, soutenus par l'autorité royale !

Ce commerce devient légitime et l'on peut lire à l'époque :

"Il sera libre à tous les négociants de notre royaume de faire sur toute la côte occidentale d'Afrique le commerce de Nègres, de la poudre d'or ainsi que de toutes sortes autres de marchandises ".

Ainsi s'exprime un édit royal. Plus prosaïquement, pour masquer l'horreur, certains utiliseront le terme de Bois d'Ebène pour désigner les esclaves noirs.
L'arrêté royal qui accordait toute liberté à la Traite, qu'on appelait à Bordeaux la " Troque ", citait le nom des ports autorisés : de Calais à Bayonne, tous ceux de la Manche et de l'Atlantique, Bordeaux, et même Libourne.

Le " SAPHIR ", trois-mâts négrier


Bordeaux entre donc dans le commerce négrier.

Le premier bateau partira en 1762, suivi de quatre en 1763, puis de cinq en 1764.

Le nombre restreint de bateaux s'explique par le fait que ce type de commerce était nouveau et que les commerçants bordelais n'étaient pas " prêts " à se lancer dans cette aventure. Les plus téméraires furent les protestants Nairac et Laffont de Ladébat.

Les bateaux " La Revanche ", " Le Glaneur ", " Le Roi Midas ", " Duc de Duras " furent armés, d'une contenance de 330 à 600 tonneaux : on estimait que le nombre d'esclaves transportés pouvait égaler celui des tonneaux.


Ce n'est qu'en 1765 que le commerce d'esclaves par les Bordelais prend son plein essor. Ceux-ci seront même félicités par le ministre Choiseul en 1768, tant les expéditions se multiplient et que le nombre de Noirs acheminés aux Colonies croît.

 

On dénombre ainsi de 1672 à 1826,

500 expéditions organisées par des Bordelais et environ 100 000 noirs déportés des côtes orientales et occidentales de l'Afrique vers les Amériques et les îles de l'Océan Indien.

Largement stimulés par la promesse des primes, les armateurs bordelais arment seize navires en 1783, puis vingt-huit en 1785 !


Jean Cavignac, historien spécialiste de la traite sur Bordeaux, a établi la liste des vingt-cinq négriers bordelais les plus importants à la fin du XVIIIe siècle :
Paul Nairac et fils expédièrent vingt quatre navires pour la traite ; Laffon de Ladébat, treize ; Jean Dommenget fils, onze ; ladurantie, J. Delorthe, Sageran et Gaultier s'en tinrent à dix ; Isaac Couturier et Jean Senat, à neuf ; Cabarrus, à huit ; Jean Marchais, Laffon aîné, Testard et Gachet, Durand Doumerc, Baux, Balguerie et Compagnie, Romberg et Bapst se bornèrent à six. Cinq expéditions pour Baour-Wirtz et Cie, J.-M. Corbun, Delzollies, Lagrange, Veuve Jean Duffour et fils, Rocaute de Bussac, David Gradis et fils, Jean Quin, Mathurin Vincent.

Pont d'un bâteau négrier