LES PROGRAMMES DE L’ÉCOLE PRIMAIRE 2002 présentaient spécifiquement
l'activité physique pour les tout-petits

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5 - L’activité physique des tout-petits

Les premières actions du jeune enfant sont réalisées “pour le plaisir”,

et sont liées aux sensations et aux émotions ressenties. Il s’agit donc

de le laisser jouer, c’est-à-dire éprouver son pouvoir sur le monde et

les objets qui l’entourent.

Progressivement, en fonction de l’effet produit, le tout-petit ajoute

une intention qui précise cette action et, finalement, l’organise et la

construit de façon plus affinée et mieux adaptée au milieu.

Les situations qui sont proposées doivent permettre :

- des actions de déplacement (locomotions), qui répondent bien au

besoin qu’a le tout-petit de mieux connaître son corps, d’affirmer

son équilibre à peine conquis. Ces actions sont menées dans des

environnements familiers, puis de plus en plus étrangers. Les

espaces d’évolution variés sont progressivement délimités, notamment

pour des jeux de poursuite. Pour solliciter des actions spécifiques

(marcher debout, à quatre pattes, courir, sauter, monter,

descendre, rouler, ramper…), l’espace sera structuré à l’aide

d’objets (blocs de mousse, bancs, gros tapis, plans inclinés, tunnels,

mini échelles…) incitant à l’action ou, au contraire, jouant le rôle

d’obstacles. On peut aussi privilégier les actions de déplacement

utilisant des engins à pousser, à rouler (chariots, tricycles,

trottinettes…) ;

- des ajustements de plus en plus fins à toutes sortes d’objets et de

matériels (cartons, cubes en mousse, balles, ballons…) que l’on peut

manipuler, pousser, tirer, transporter, démolir, lancer ;

 

- des jeux de doigts, des déplacements et mouvements “dansés”, des

jeux d’expression, des imitations de personnages, d’animaux… qui

sont autant de situations très riches pour les tout-petits. On aide

l’enfant à structurer ses actions et ses déplacements en les soutenant

par de la musique, des chansons, des comptines.

L’enseignant permet d’abord une exploration libre des espaces et

du matériel proposés sans chercher au départ une trop grande

complexité dans l’aménagement du milieu. En effet, l’espace

d’investigation ne doit pas être trop vaste si l’on souhaite que des

enfants de cet âge y trouvent aisément des repères. Pendant les

activités, l’enseignant doit se situer au plus près du groupe d’enfants,

au milieu d’eux si nécessaire, afin de pouvoir jouer pleinement son

rôle d’incitateur, d’aide, de régulateur.

Il peut à l’occasion aider les enfants en difficulté passagère (assurer

un équilibre vacillant en proposant l’appui de sa main, rassurer les

timorés par des encouragements, suggérer un geste à faire…), sans

toutefois anticiper sur les initiatives ou substituer des réponses toutes

faites aux tâtonnements. La verbalisation par l’enseignant de ce qui

est fait par les enfants joue un rôle important dans la compréhension

de leurs actions.

Les réponses sont d’abord recherchées de manière individuelle, en

laissant du temps pour explorer, ressentir, trouver de nouvelles façons

de faire, imiter un autre enfant (l’imitation est à cet âge une façon d’entrer

en communication). Peu à peu des interactions entre enfants se

mettent en place, permettant à chacun de trouver sa place à l’intérieur

d’un groupe et de commencer à participer à une action commune.
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